Intox au MSG

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Parmi les motifs d’inquiétude que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux à propos de l’alimentation en Asie, revient très souvent le MSG accusé de nombreux maux, craint, redouté et même honni voire haï. Pour vous aider à comprendre ce que cachent ces trois lettres (non ! ce n’est pas le Magnificent Singapore Giant qui n’existe pas encore, quoique…, ni le Madison Square Garden !), voici toutes les informations médicales validées et vérifiables sur le sujet. Comme toujours mes sources sont citées en fin de papier.

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Un peu de chimie et de physiologie d’abord

MSG signifie monosodium glutamate ou encore glutamate monosodique en français (parfois abrégé en GMS). Il s’agit d’une molécule de chimie organique (celle qui s’intéresse au monde vivant et qui contient tout plein de carbone, hydrogène, oxygène et azote) dérivée d’un acide aminé* prénommé acide glutamique ou glutamate, abrégé en « GLU » par les biochimistes. GLU est très présent dans le corps humain car il est un des messagers les plus importants entre nos cellules nerveuses (ou neurones).

Le MSG est donc un « descendant » de l’acide glutamique. Sauf que l’atome de sodium qu’il porte en plus et que son « parent » n’a pas, le rend incapable d’agir sur la transmission nerveuse. Ils ont des structures chimiques et physiques totalement différentes. Et la beauté du fonctionnement du corps humain, c’est que pour un atome de différence entre deux molécules, on n’a pas du tout le même effet ! En bref, dans notre système nerveux, le MSG ne sert à rien !

*Les acides aminés sont les briques essentielles qui composent toutes les protéines de notre corps, celles qui forment la structure de nos tissus et organes (peau, muscle, poumon, veine, etc).

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Un peu d’histoire aussi

Mais alors à quoi sert le MSG si le système nerveux n’en a pas l’utilité ? Et bien il est un étonnant révélateur de saveurs ou exhausteur de goût, exactement comme le sel de table tout simple (le NaCl) que nous ajoutons en cuisine, mais en beaucoup plus puissant. Et cette propriété est connue semble-t-il depuis… des millénaires en Asie ! A l’époque, il s’agissait d’une algue qui était ajoutée à de nombreux plats pour en rehausser la saveur ; mais en ces temps reculés et pendant tous les siècles qui ont suivi, personne ne connaissait encore le MSG. Il a fallu attendre le début du 20ème siècle pour qu’un professeur japonais l’extraie de sa soupe et identifie cette molécule comme responsable de son goût agréable. Très vite, il a trouvé comment fabriquer cette toute nouvelle molécule, a déposé un brevet et, avec ses frères, a commencé à la commercialiser pour l’industrie alimentaire où on la retrouve aujourd’hui sous des noms multiples sinon variés tel le E 621.

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En réalité, le MSG est partout !

J’en vois qui tremblent déjà en lisant cet intertitre ! Pourtant pas de quoi s’affoler : le MSG est présent à l’état naturel dans de nombreux aliments comme les tomates, les raisins, le roquefort, le parmesan, les champignons notamment. Ainsi, il est fort probable que le parmesan saupoudré sur une pizza est sans doute destiné …à rehausser le goût des tomates ! Et les sablés au parmesan? Ajoutez-leur un peu d’origan et vous allez sentir qu’il vous explose en bouche !

Et on trouve le MSG tout aussi naturellement dans de très nombreux ingrédients de fabrication de nos aliments tels la levure, les extraits de soja ou les protéines végétales hydrolysées (qui, soit dit en passant sont elles-mêmes d’excellents exhausteurs de goût !). Ainsi, rien qu’en mangeant, l’être humain que nous sommes absorbe quotidiennement environ 13g de MSG contenus naturellement dans notre alimentation et seulement 0.55g de MSG «exhausteur de goût». Vous avez bien lu : on mange chaque jour vingt fois plus de MSG naturel que de MSG ajouté ! Et le MSG est tellement présent à l’état naturel dans quantités de fruits ou légumes pour ne citer que ceux-là, qu’il est interdit d’étiqueter un produit alimentaire « sans MSG » car c’est tout simplement impossible de garantir l’absence de MSG à l’état naturel !

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Alors ajouté ou naturel, faut-il en faire un fromage?

Un fromage, ce sera difficile, mais un rehausseur de goût certainement et c’est d’ailleurs tout ce qu’on lui demande quand l’industrie agro-alimentaire en rajoute. Mais rappelez-vous aussi que les asiatiques ajoutent sans hésiter des algues…pour le MSG qu’elles contiennent. C’est le même objectif dans les deux cas !

Toute la question est de savoir si en trop grande quantité, le MSG pourrait ou non avoir des effets indésirables et éventuellement dangereux pour la santé. La première chose à avoir présente à l’esprit, c’est de bien comprendre que MSG naturel et MSG ajouté sont strictement identiques chimiquement et physiquement ; impossible de les distinguer. Et c’est pour cela qu’il est également interdit d’écrire sur un produit alimentaire «sans MGS ajouté» car il est impossible de vérifier si cette affirmation est vraie !

Dans ces conditions, pas facile d’étudier les effets du MSG. Mais cela a été fait. Et notamment, un organisme américain indépendant (la société de biologie expérimentale) a étudié le MSG et ses effets éventuels. Ils ont retenu la possibilité de symptômes légers et transitoires de type mal de tête, étourdissement, bouffée de chaleur, picotements, palpitations et sensation d’ébriété qui peuvent survenir chez quelques sujets sensibles qui consommeraient 3g ou plus de MSG sans nourriture ajoutée! Autant dire un cas improbable puisque la quantité quotidienne de MSG ajouté dans l’alimentation est estimée à 0,55g. Parallèlement les autorités américaines en 1988, puis européennes en 1991 puis à nouveau les américains en 1995 ont chacun évalué toutes les études de toxicité réalisées dans le monde et ont conclu à l’absence totale de preuve d’une quelconque toxicité ou dangerosité du MSG. Ces études leur ont permis de définir une dose quotidienne acceptable à 120 mg de MSG ajouté par kg de poids (autrement dit 0,72 g par jour pour une personne de 60 kg). Notez qu’il s’agit d’une dose « acceptable » et pas du tout d’une dose dangereuse ou d’un seuil à ne pas dépasser !

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Pas dangereux, OK mais sous surveillance peut-être ?

Devant un certain nombre d’incidents rapportés sous le nom de « syndrome du restaurant chinois » depuis les années 1970, devant la controverse qui a suivi sur le MSG, devant aussi le fait qu’il peut exister parfois des réactions d’hypersensibilité à la consommation de MSG qui surviennent 20 min après l’ingestion et disparaissent en 2h, il était légitime que les autorités sanitaires du monde entier s’emparent du sujet et statuent sur le sort à réserver au MSG.

Après avoir déterminé avec certitude sur la foi d’études de bonne qualité méthodologique* aujourd’hui disponibles, il a été demandé que l’ajout de MSG (c’est une poudre blanche qui se dissout dans les liquides contenant de l’eau) soit clairement précisé sur tout emballage. Et dans le même temps, la présence de tout autre ingrédient susceptible de contenir du MSG (levures, extraits de soja, protéines hydrolysées, etc) doit être également mentionnée. Ainsi, tout consommateur peut savoir s’il mange du MSG.

En revanche, manger « sans MSG » est chose quasi impossible à moins de supprimer de son alimentation non seulement tous les produits transformés et préparés  par l’industrie agro-alimentaire mais aussi les tomates, le raisin, les produits laitiers, les viandes, les levures, les fromages, je continue la liste? Aujourd’hui, nous disposons donc à la fois d’une information du consommateur via l’étiquetage et de réseaux de surveillance nationaux (ANSES en France, FDA aux Etats-Unis, AVA à Singapour) chargés de collecter toutes les données de tolérance (bonne ou mauvaise) d’un produit de consommation quel qu’il soit.

*comme toujours, il existe aussi des articles scientifiques à la qualité douteuse, comme par exemple cette publication japonaise, financée par le comité technique du glutamate (sic !) et qui conclut au bienfait du MSG sur des patients âgés dont l’appétit pourrait être stimulé et la digestion améliorée sous l’effet du MSG. Cette publication n’est qu’une somme d’hypothèses qui nécessiteraient pour être vérifiées une démonstration par une étude contre placebo en double-aveugle.

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D’où vient l’intox alors ?

Sans doute en partie d’une confusion entre les noms «monosodium glutamate » et « glutamate ». Il ne faut en effet surtout pas confondre le glutamate avec son dérivé, le MSG. Je vous l’expliquais au premier paragraphe, même s’ils sont parents, ils n’ont pas du tout les mêmes propriétés chimiques et biologiques. Et de nombreux articles jouent sur cette ambiguïté de nom.

Ensuite, certains font croire que le MSG naturel est différent du MSG produit industriellement et n’aurait pas les mêmes effets. C’est totalement faux tout simplement parce que ce sont deux molécules strictement identiques sur le plan chimique (pléonasme ici! Mais c’est pour mieux appuyer mon propos !). D’ailleurs la production industrielle du MSG fait appel à des ingrédients tout ce qu’il y a de plus naturels (sucres, mélasses, farines) que l’on fait tout simplement fermenter (procédé lui aussi très naturel). Nul produit chimique ajouté ici !
Et une autre source de confusion : la fameuse sauce soja si fréquente sur nos tables et dans les plats locaux ici ! Oui, elle contient très souvent du MSG dont je rappelle qu’il relève son goût mais aussi qu’il permet d’obtenir ce goût de sel mais…avec beaucoup moins de NaCl (le Na Cl, c’est notre sel de cuisine) ce qui peut être un avantage pour les personnes insuffisantes cardiaques ou rénales, ou sous traitement corticoïdes au long cours (plusieurs mois) et qui doivent impérativement réduire la teneur en sel de leur alimentation. Pour autant, la sauce soja contient de très nombreux autres ingrédients (du gluten par exemple, quoique en voilà encore un qui prend cher en ce moment et de façon sans doute exagérée !) dont chacun peut être responsable d’une réaction d’hypersensibilité, d’intolérance et pourquoi pas d’allergie véritable. Alors avant d’incriminer le MSG, il faut aussi s’intéresser à ses voisins de la liste des ingrédients !

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Finalement, je trie ou je trie pas le MSG ?

Très franchement, en dehors du cas d’hypersensibilité individuelle qui se manifeste par quelques signes d’inconfort transitoires et sans danger, comme il n’a été retrouvé à ce jour aucune toxicité du MSG du type altération du système nerveux central, du fonctionnement du cerveau, ni d’effet cancérigène, quand on sait aussi que le MSG ne traverse pas la barrière placentaire, et qu’enfin les enfants métabolisent le MSG exactement comme les adultes (vous pourrez retrouver la preuve de chacune de ces affirmations dans les ressources bibliographiques notées en bas de cette page), pourquoi vouloir faire la chasse à une molécule somme toute bien ordinaire et à côté de laquelle le sucre, le cholestérol ou le sel sont de redoutables prédateurs incontestables!

D’ailleurs est-ce bien raisonnable de se priver de sauce soja en la remplaçant par le cousin américain du kecap manis* tout en sirotant un coca ?

Allez, bon appétit ! Avec ou sans sauce soja ! (Remplacez-la par du miso japonais… ultra riche en MSG à coup sûr ! Essayez un peu de miso dans une vinaigrette ou dans une soupe et vous noterez combien le goût est plus prononcé …sans avoir non plus le goût du miso, magique, non ?)

*Pour l’anecdote, Monsieur Heinz, qui a vraiment existé, a découvert au 19ème siècle le kecap manis lors d’un voyage en Malaisie. Séduit par ce condiment, il en a rapporté la recette aux Etats-Unis, l’a adaptée pour en faire…son fameux Ketchup ! Ah ! Si les Malais avaient déposé un brevet…En tout cas, c’est l’histoire que m’a racontée un responsable marketing Heinz en France quand je travaillais dans la publicité pour eux. Ok faut pas croire tout ce qu’on raconte mais l’histoire est jolie, non ?

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Ressources bibliographiques:

  • Résumé de toutes les études de sécurité réalisées depuis 1974 dans le monde entier publié dans le journal de la société américaine de nutrition: ici
  • Interview du Pr Fenster (département de chimie de l’université Mc Gill, Canada) : ici
  • Les infos de Santé Canada sur le MSG: ici
  • Un bon résumé ici sur le MSG où l’on apprend que la plus grosse usine de production de MSG se trouve …en France !
  • Et ce papier du Monde du 12 septembre 2014 sur la 5ème saveur, l’umami (nom japonais du MSG!): ici
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Vous avez dit anti-moustique?

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Les moustiques sont plutôt des gros ennemis ici à Singapour!  Limiter le risque de piqûre de moustique peut être nécessaire et passe notamment (mais pas seulement) par l’utilisation de produits répulsifs. Voici les toutes dernières informations scientifiques sur le sujet.

[Mise à jour: une étude de 2015 a comparé plusieurs produits répulsifs à moustiques. Il en ressort que la plupart des produits DEET-free (qui ne contiennent pas de DEET) sont totalement inefficaces. Un seul a une efficacité presque comparable au DEET: il s’agit du répulsif Eucalyptus Citron de la marque CUTTER, disponible à l’achat online. Cependant, ma 1ère lecture rapide de l’étude note que les produits ont été testés sur une seule personne comparée à un témoin non traité; ça me semble bien petit comme échantillon et le tout dans des conditions de laboratoire qui n’ont rien à voir avec la réalité. Mais, je n’ai pas eu le temps d’éplucher les protocoles recommandés par l’OMS pour étudier ce type de produit et vérifier si cette étudie les respectait ]

 

Deux familles de produits très différentes !

Il existe 2 familles de produits qui sont à la fois différentes et complémentaires :
• Les répulsifs pour la peau
• Les répulsifs pour les textiles

Ils ne peuvent pas être interchangés : un répulsif pour la peau ne fonctionne pas sur les tissus et vice-versa, un répulsif pour tissu ne fonctionne pas sur la peau (et pourrait même être dangereux !).
Ils peuvent être utilisés séparément ou simultanément dans certaines circonstances peu fréquentes à Singapour qui est un milieu urbain et non pas la jungle !

Et les molécules efficaces sur la peau sont…

Elles sont peu nombreuses et parfaitement connues :

> picaridine (ou KBR 3023) à 20 ou 25%

> DEET* à 20, 25, 30, 34 et 50% (considéré comme le meilleur anti-moustique par la société américaine de pédiatrie)

> IR 35-35 à 20, 25, 30 et 35%

> On peut y ajouter certains produits contenant de l’huile d’eucalyptus mais je n’en parlerai pas car ils peuvent être dangereux quand ils sont purs et il est par ailleurs très difficile de les reconnaitre sur des listes d’ingrédients.
*(je vous passe la signification de cette abréviation, inutile car c’est toujours DEET qui est écrit sur les flacons)

A savoir : en dessous des concentrations les plus basses indiquées ici, le produit devient très insuffisamment efficace. Ainsi pour le DEET , une concentration de 15% est très insuffisante à Singapour (c’est pourtant la concentration du « OFF Active© » qu’on trouve ici)

Attention : lisez bien les étiquettes ET les ingrédients ! Les fabricants ne facilitent pas du tout votre choix car ils utilisent un même nom de gamme pour des produits qui contiennent des ingrédients différents ou qui ont des utilisations différentes. Ainsi par exemple, certains produits Insect Ecran© sont des répulsifs peau à base de DEET, d’autres sont à base de picaridine et un autre Insect Ecran© est en réalité fait pour les tissus et vêtements! C’est exactement la même chose pour la gamme OFF© distribuée à Singapour.

 

Sous quel nom les trouve-t-on ?

Il est difficile de répondre avec précision et de manière exhaustive. D’autant qu’un même nom cache souvent une gamme entière dans laquelle on trouve des produits très différents et des concentrations infiniment variables : surtout lisez bien les étiquettes et la liste des ingrédients !

A Singapour, on trouve en répulsif peau:
OFF (surtout lire les ingrédients et la concentration avant d’acheter !). Seul le DEEP WOODS contient 25% de DEET. Toutes les autres formes en contiennent moins.
Ultrathon avec du DEET à 25%

Et si vous les rapportez de France, voici leurs petits noms

(vous noterez qu’un même produit existe en plusieurs versions. Ainsi la gamme Insect Ecran est difficile à comprendre même si elle est très complète et composée de produits très efficaces. Quant à la gamme OFF, elle est particulièrement difficile à cerner, trop de produits, trop d’ingrédients différents et surtout des concentrations parfois trop faibles qui rendent certains produits insuffisamment efficaces pour une région comme Singapour)

  • à base de DEET* (minimum 20% pour être efficace, optimal 25 à 30%)
    • Ultrathon (forme lotion à 35%, forme spray à 25%, forme flacon pompe à 20%)
    • Insect Ecran Zones infestées (DEET 50%), Insect Ecran Familles (DEET 25%)
    • Moustidose
    • Moustifluid
    • Prébutix
    * Pour le DEET, il est inutile d’aller au-delà de 30% de concentration car l’efficacité n’est pas tellement plus grande; ceci est vrai aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant.
  • A base de IR 35-35 (minimum 35% pour être efficace)

Cinq sur Cinq Tropic (IR 35-35 à 35%) Cinq sur Cinq tempéré (IR 35-35 à 25%)
Moustifluid
Prébutix
Bouclier Insect

  • A base de picaridine (minimum 20 à 25% pour être efficace)
    Insect Ecran Tropique (picaridine 35%)
    Moustidose
    Centaura

 

Et les molécules efficaces sur les tissus sont…

• La perméthrine (Insect Ecran©, Cinq sur Cinq Tropic© et quelques autres aussi)
• La deltaméthrine pour les moustiquaires pré-imprégnées
• A savoir : la bifenthrine est interdite en France depuis Mai 2013 (elle était peu utilisée).

Tous doivent porter sur leur emballage la mention « pour imprégnation des tissus, vêtements et moustiquaires ». Là aussi soyez vigilants : les fabricants font des gammes dans lesquelles plusieurs produits portent le même nom tel Cinq sur Cinq Tropic© qui peut être aussi bien un spray pour vêtements qu’un spray pour la peau. Sur tous les flacons, lisez les sous-titres !!!!

 

Les produits et dispositifs PAS efficaces ?

Le ministère de la santé en France recommande fortement de ne pas utiliser :
• les bracelets anti-insectes pour se protéger des moustiques et des tiques ;
• les huiles essentielles dont la durée d’efficacité, généralement inférieure à 20 minutes, est insuffisante ;
• les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les raquettes électriques, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide

Par ailleurs, la citronnelle n’a jamais pu être validée scientifiquement. Il semble que son efficacité soit équivalente à du DEET 10% (donc très insuffisant) et ne dure pas plus de 2 heures. La citronnelle peut donc présenter un intérêt comme anti-moustique dans des régions où les moustiques ne sont pas vecteurs de maladies (région parisienne, nord de la Loire pour n’en citer que 2), mais n’a vraiment aucun intérêt ici à Singapour.

 

Comment bien utiliser un produit répulsif sur la peau?

• Appliquer le produit seulement sur la peau non recouverte: ne pas appliquer sous un vêtement;
• Ne pas appliquer sur des blessures ou sur une peau irritée ;
• Ne pas appliquer autour de la bouche et des yeux et en mettre moins autour des oreilles. Ne pas pulvériser directement sur le visage : en mettre un peu sur ses mains puis étaler sur le visage avec les doigts ;
• Ne laissez pas les enfants s’en servir seuls. Versez ou pulvérisez d’abord sur vos mains puis appliquez avec vos mains sur vos enfants. Evitez d’en mettre sur les mains d’un enfant (parce qu’il se frotte les yeux et porte les doigts à sa bouche) ;
• Respectez les quantités indiquées par le fabricant : augmenter n’améliore pas l’efficacité et diminuer pourrait diminuer l’efficacité (les fabricants n’ont aucun intérêt à forcer la main des utilisateurs pour des molécules qui sont sous haute surveillance dans le monde entier !) ;
• Une fois rentré en intérieur, lavez la peau qui a reçu le produit ; ceci est particulièrement important si le produit est utilisé quotidiennement ou plusieurs fois par jour (travailleur agricole en zone très infestée) ;

 

Et pour les enfants et les femmes enceintes?

Toutes les molécules sont autorisées à partir de l’âge de 2 mois et chez les femmes enceintes sans restriction. Les huiles essentielles pures sont interdites avant l’âge de 3 ans.

Pour les nouveau-nés avant l’âge de 2 mois, la seule protection efficace est la moustiquaire imprégnée qui se borde sous le matelas (la moustiquaire qui « pend » autour du lit ne suffit pas). Pas de promenade à l’extérieur aux heures où les moustiques sont plus nombreux : le 6 à 8 ici à Singapour, matin et soir. Et préférer les vêtements couvrants bras et jambes si vous êtes dans un quartier particulièrement infesté (suivre les alertes de la NEA à Singapour ici )

 

Anti-moustique et crème solaire

La plupart des anti-moustiques sont compatibles avec la crème solaire sans diminution de l’efficacité. Toutefois, quelques études montrent une diminution de l’efficacité de la crème solaire de 30% quand elle est utilisée sous des produits contenant du DEET. 30% de diminution signifie que la durée d’efficacité est 30% plus courte, donc qu’il faut répéter l’application de crème solaire plus souvent.

Les produits « tout-en-un » qui associent crème solaire et anti-moustique ne sont pas recommandés car le rythme d’application d’une crème solaire et d’un anti-moustique et la quantité à appliquer ne sont pas les mêmes. Il n’est donc pas possible de mettre au point un tout-en-un efficace à la fois comme crème anti-solaire et comme anti-moustique.

Il est donc recommandé d’appliquer la crème solaire en premier puis le produit anti-moustique par-dessus, en utilisant une crème solaire en couche bien épaisse (plus épaisse que ce que vous auriez fait sans anti-moustique). Un indice SFP 30 avec filtre anti-UVA suffit à Singapour. Les indices SPF 50 n’apportent rien de plus par rapport au SPF 30, sous réserve de ré-application fréquente et de limiter l’exposition solaire directe.

 

Quand utiliser un répulsif ?

  • Il n’y a pas de règle clairement établie scientifiquement. D’autant que l’on sait qu’il y a des peaux à moustiques et des peaux qui se font moins piquer voire pas du tout. Et puis le risque zéro n’existe pas : il est impossible d’empêcher tout moustique de nous piquer à moins de vivre dans une bulle hermétique qu’on n’ouvrirait jamais !
  • Par ailleurs, l’état de la personne est aussi un élément important : une personne en état d’immunodépression (en cours de chimiothérapie par exemple ou bien atteinte d’un diabète mal contrôlé) aura intérêt à prendre plus de précautions.
  • A Singapour, chez une personne en bonne santé, en dehors des alertes dengue, l’utilité d’une protection anti-moustique en journée est très limitée. Mais il est toujours prudent de se méfier des petits matins et des soirées. Ainsi, si vous êtes adepte du jogging matinal à Mac Richie, alors là, oui, alerte dengue ou pas, il est préférable de se protéger par un spray à concentration suffisante (DEET à 25% par exemple). Et l’apéro chez vos amis qui habitent en bordure du Botanic Garden ou d’un joli parc touffu dans le genre jungle, là aussi, la prudence est raisonnable.

 

Et un dernier mot concernant ces chers moustiques : ici, du fait sans doute de l’humidité de l’air, ils ne font pas « zzzzzz… » comme en France. Alors ne vous fiez pas au silence qui vous entoure à la nuit tombante !

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Où trouver des informations validées et fiables ?

  • Le ministère de la santé français a fait une synthèse exhaustive de tous les produits répertoriés.
  • Un excellent article sur les anti-moustiques écrit par le magazine français de consommateursQue Choisir: ici
  • En anglais, la référence est le centre américain CDC à Atlanta. Voici ici ce qu’ils disent des répulsifs anti-moustiques.

Que dit Singapour sur le sujet ?
Les informations sont peu nombreuses, dispersées, pas toujours faciles à trouver et encore moins à synthétiser !
• Pour les produits anti-moustiques autorisés ici : voir ce lien (23 pages totalement incompréhensibles et inutilisables!)
• Pour le paludisme (malaria en anglais) : voir ici
• Un site spécifique pour la dengue à découvrir ici.

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Ressources bibliographiques :

  • Un excellent article de l’excellente revue Prescrire (le Que Choisir des médicaments) de 2008: ici
  • Liste des produits commercialisés en France (très claire !) : ici
  • Recommandations du ministère de la santé en France : ici
  • Mise en garde du ministère de la santé en France contre le site « Vigilance moustique » : ici
  • Société américaine de pédiatrie : ici
  • Gamme Cinq sur Cinq : ici
  • Gamme Insect Ecran : ici
  • Gamme OFF: (en français) ici –  (en anglais) ici
  • Gamme Ultrathon: ici