On vous a dit « Mycoplasme » ? Ah bon ?

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Déjà, on commence par une petite mise au point : on dit « Mycoplasme pulmonaire » (Mycoplasma pneumoniae précisément. Le « mycoplasme tout-court », ça n’existe pas ! OK ? « Mycoplasme » (avec une majuscule) c’est un peu le nom de famille et pneumoniae son prénom; et la famille est grande ! Sans le prénom, on ne sait pas de qui on parle ! Si je vous parle de Mycoplasme pulmonaire ici c’est pour 2 raisons : (1) on en parle bien trop à Singapour et (2) une étude chez les moins de 18 ans vient de sortir qui démontre avec rigueur que le Mycoplasme pulmonaire n’est pas si fréquent que ça. Si vous voulez creuser le sujet, je vous propose 3 publications.

De quel type d’étude s’agit-il ?

Une étude d’observation (dite prospective) menée en Norvège. On a défini des critères très précis que devaient présenter les patients pour être inclus dans l’étude. Ici il s’agissait de patients âgés de moins de 18 ans, atteints de pneumonie et vus par un médecin de ville ou hospitalisés. L’objectif était de rechercher précisément le germe responsable de la pneumonie : virus, si oui lequel? Pneumocoque ? Autre bactérie ? Il fallait un grand nombre de patients pour que les résultats puissent être généralisés.

Quels patients ont été inclus dans l’étude ?

En tout, 265 patients âgés de moins de 18 ans et qui tous présentaient des signes francs et indiscutables de pneumonie c’est-à-dire : fièvre au-dessus de 38°C, une respiration accélérée (tachypnée) ou des signes objectifs de fatigue respiratoire (rétraction thoracique) et une image nette de pneumonie sur la radiographie pulmonaire. Il faut souligner que 85% d’entre eux avaient été vaccinés contre le Pneumocoque (Prevenar© chez l’enfant).

Et qu’a trouvé cette étude?

Sur les 265 patients, les responsables étaient surtout et avant tout des virus  : ils avaient contaminés près de 2 patients sur 3 (63.4%). Pour le reste, on retrouve un Pneumocoque dans 1 cas sur 10 et aucun germe identifiable dans 1 cas sur 6. Quant au Mycoplasme pulmonaire, il était le plus rare : seulement 1 cas sur 13. Mais avec une grande inégalité : il est quasi absent avant l’âge de 5 ans mais au-dessus de l’âge de 5 ans, il représente 40% des germes trouvés. On en déduit donc que quel que soit l’âge, le diagnostic de Mycoplasme pulmonaire ne doit pas être la première hypothèse. Seulement la 2nde hypothèse chez un patient âgé de plus de 5 ans et seulement la 3ème ou 4ème chez le tout petit de moins de 5 ans.

Alors finalement, c’est vraiment rare ce Mycoplasme pulmonaire ?

Oui et non ! Si on parle des seules infections qui rendent vraiment malade : une pneumonie, une otite, une trachéo-bronchite, une laryngite, toutes ces pathologies sont d’abord causées par d’autres germes que le Mycoplasme pulmonaire. Le Mycoplasme pulmonaire est donc plutôt rare. Sauf que 40% de pneumonies dues au Mycoplasme pulmonaire, c’est un chiffre élevé : c’est donc fréquent mais pas le plus fréquent, vu ?  En revanche, si on recherche le Mycoplasme pulmonaire chez des personnes qui n’ont aucun signe de maladie, on le retrouve assez souvent dans la sphère nez-gorge-oreilles: il existe donc des porteurs sains. Ce sont soit des personnes qui se sont défendues contre le germe sans jamais développer de maladie, soit des personnes qui ont été malades il y a plusieurs semaines ou mois. Car cette bactérie présente la particularité de pouvoir persister quiescente (silencieuse) dans le corps plusieurs semaines ou mois après une infection aiguë. C’est ainsi qu’on estime à 20% le nombre d’adultes qui sont porteurs sains de Mycoplasme pulmonaire : et 20% c’est très fréquent !

Et on peut l’attraper facilement ?

Oui et non. Disons que croiser dans la rue ou au bureau une personne porteuse saine ne suffit pas. Ce germe demande un contact étroit, rapproché entre 2 personnes et suffisamment prolongé. C’est donc en famille que ça se passe, ou bien en internat ; on a aussi des épidémies dans des casernes ou des couvents. Et en tout cas, les clims n’y sont pour rien du tout ! D’autant plus que le Mycoplasme pulmonaire survit moins bien dans un air asséché (par exemple un air climatisé) que dans un air chargé en humidité. Malgré tout, même avec un contact étroit et prolongé, le taux de transmission est faible : on peut y échapper même en famille ! Et puis un avantage du Mycoplasme pulmonaire c’est que seulement 3 à 10% des personnes contaminées développeront une pneumonie ! Tous les autres pourront avoir soit des signes a minima parmi ceux cités juste après, soit aucun signe du tout !

Comment reconnaître les signes d’infection à Mycoplasme pulmonaire?

Les signes sont nombreux et aucun n’est spécifique de cette bactérie. Puisque son prénom est « pulmonaire », il s’agit de signes respiratoires avant tout ! Chez l’enfant, cela peut commencer par une laryngite (« croup » ici), une voix rauque, un mal de gorge, une trachéo-bronchite, parfois une otite moyenne, puis une toux sèche par quintes, qui gênent autant la nuit que le jour, le tout avec une fièvre entre 38 et 39°C. Voilà pour les signes respiratoires. Et surtout, il y a toujours des signes radiologiques qui finissent par apparaître, pas  forcément tout de suite mais à retardement parfois de plusieurs jours ou dizaine de jours. Sans un ou plusieurs de ces signes, le diagnostic d’infection à Mycoplasme est très improbable. D’autres signes peuvent s’ajouter : mal de tête, douleurs articulaires, fatigue (mais elle a bon dos la fatigue ! Toutes les fatigues ne sont pas des infections Mycoplasme pulmonaire, et notamment une fatigue sans aucun signe respiratoire doit faire rechercher un autre diagnostic) et même aussi nausées et vomissements. Vous voyez, le spectre est large !

Faut-il faire une prise de sang ou un prélèvement ?

Le seul moyen d’être sûr à 100% que c’est une infection à Mycoplasme serait de faire 2 prises de sang à 2 ou 3 semaines d’intervalle, la première ne devant pas avoir lieu trop tôt après le début des symptômes. Une augmentation du taux d’anticorps de type IgM (X4) ou IgG signe l’infection à Mycoplasme pulmonaire. Et c’est le seul moyen recommandé par les protocoles internationaux. Cela dit, les protocoles ne sont pas butés : et il a été noté que c’est contraignant et compliqué en pratique de faire 2 prises de sang espacées. D’autres tests ont donc été développés qui ne requièrent qu’une seule prise de sang. Mais le titre d’anticorps mesuré doit être confronté à la clinique : si le patient ne présente aucun des signes que je décrivais plus haut, alors ce dosage élevé correspond sans doute à une infection ancienne ou à un portage sain : nul besoin de traitement ! On ne traite JAMAIS une prise de sang ! On traite un malade, c’est à dire une personne qui présente indiscutablement des signes et symptômes qui font penser à une infection à Mycoplasme pulmonaire et qui, en plus, a un dosage d’anticorps élevé.

 

Alors le traitement, c’est quoi et pour quels cas ?

Le traitement sera réservé uniquement aux cas de pneumonie telle que je l’ai décrite plus haut avec ou sans la prise de sang. Pour tous les autres cas, l’abstention est recommandée car l’infection à Mycoplasme pulmonaire guérit quasiment toujours spontanément. Et si cela s’aggravait, il serait toujours temps de démarrer un traitement sans que ce retard à démarrer un traitement compromette les chances de guérison et de récupération. Au contraire, le retard peut permettre de faire éclore des signes plus francs, plus évidents qui seront d’une grande aide au diagnostic. D’ailleurs, dans l’étude norvégienne citée au début de ce post, la moitié des enfants de moins de 5 ans n’a reçu aucun traitement malgré les signes évidents de pneumonie : et tous ont guéri ! Comme quoi le traitement n’est vraiment pas une obligation, en tout cas ne nécessite pas de se précipiter.

Et quel traitement ?

La classe d’antibiotiques efficaces est les macrolides. Le traitement recommandé est l’érythromycine. Seulement voilà, c’est compliqué à prendre, tout plein d’effets secondaires pas sympas et surtout contre-indiqué chez l’enfant de moins de 7 ans. Donc on lui préfère l’azithromycine (Zithromax) sur une durée de 6 à 14 jours selon les protocoles ou la clarithromycine (Klacid ici) sur 15 jours. Mais attention : cela uniquement pour la pneumonie à Mycoplasme pulmonaire pas pour les autres cas ! Car les autres cas, d’abord, on n’aura jamais la certitude que c’est un Mycoplasme pulmonaire (même avec une prise de sang) et ensuite, le Mycoplasme se guérira tout seul !

 

Et si on donnait un traitement antibiotique préventif ?

Pas question ! Pour être honnête, ça a été étudié mais ce n’est pas du tout recommandé. Car le risque serait grand que le Mycoplasme pulmonaire, à force de rencontrer des antibiotiques, se développe une carapace et devienne résistant. Comme le disait la campagne de l’assurance maladie en France il y a quelques années : « les antibiotiques, c’est pas automatique ! ».

Voilà, vous savez tout sur l’infection à Mycoplasme pulmonaire. Vous pouvez en savoir encore plus en lisant les articles que j’ai listés en biblio.

Et un dernier mot : vous avez le droit de challenger le médecin qui vous affirme en voyant votre prise de sang : « it’s a Mycoplasm ! » comme s’il avait trouvé le graal et qui vous sort une splendide prescription d’antibiotique ! Posez –lui des questions. Demandez-lui pourquoi. S’il vous sent réticent, il proposera peut-être de différer le traitement et d’attendre d’autres signes plus marqués.

Ceux qui me connaissent savent que ça me travaillait depuis longtemps de dire la vérité sur cette infection à Mycoplasme pulmonaire et de prendre sa défense car je trouve qu’il fait un coupable un peu trop idéal, on le met partout, à toutes les sauces et les prescriptions d’antibiotiques qui en découlent représentent à long terme une menace de santé publique. Notre panel d’antibiotiques efficaces est trop petit pour le galvauder…

Bibliographie (des centaines d’articles et études ont été publiés; je n’en ai retenu que les revues les plus parlantes, outre l’étude norvégienne)

  • Waites B et Talkington D. Mycoplasma pneumoniae and its role as a human pathogen. Clin Microbiol Rev. 2004; 17 (4) : 697-728. Texte intégral ici
  • Berg AS et al. Etiology of pneumonia in pediatric population with high pneumococcal vaccine coverage. A prospective study. Pediatr Infect Dis J. 2016; 35:e69-e75
  • Meyer Sauteur PM et al. Antibody responses to Mycoplasma pneumoniae : role in pathogenesis and diagnosis of encephalitis? PLoS Pathog. 2014; 10(6): e1003983. doi:10.1371/journal.ppat.1003983
  •  Le point de vue de Santé Canada ici
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QUELLES VACCINS pour une HELPER?

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213000 helpers à Singapour, ces jeunes femmes originaires de régions très pauvres des Philipppines, d’Indonésie, de Birmanie, d’Inde, du Sri Lanka et de 9 autres pays d’Asie du sud est. Elles résident obligatoirement chez leur employeur, 7 jours sur 7, 24h sur 24 et y sont au contact de leurs enfants dont elles ont la charge. A ce titre, on peut donc considérer qu’elles exercent un métier « de la petite enfance », terme utilisé en France pour désigner toute personne qui travaille en contact direct avec des enfants de 0 à 3 ans: infirmière en pédiatrie, personnel de crèche, assistante maternelle à domicile, etc.

Ces personnels sont en France soumis à une obligation vaccinale ainsi qu’à des contrôles médicaux et l’OMS a également émis des recommandations vaccinales spécifiques pour les professionnels de santé auxquels ils sont assimilés.

Et pourtant, à Singapour, ni le MOM, ni le ministère de la santé, ni l’équivalent d’une autorité sanitaire n’ont émis de recommandations en ce qui concerne la vaccination des helpers.

Le contrôle médical imposé par le MOM tous les 6 mois se contente de vérifier que la helper n’est ni enceinte, ni porteuse d’une tuberculose pulmonaire (radio des poumons tous les ans), ni porteuse du virus du SIDA, ni porteuse d’une syphilis. Aucun examen clinique n’est demandé. Aucun contrôle des vaccinations non plus. Il ne s’agit en aucun cas d’une visite médicale du travail non plus.

Alors? On fait quoi? Une Maman qui découvrait cette situation m’a dit, horrifiée « mais on a chez nous des bombes à retardement »! Ce n’est pas entièrement faux dans certains cas, je pense notamment à l’hépatite B qui est très présente en Asie du sud-est et n’épargne aucune communauté, pas même celle des helpers bien sûr.

Voici donc des recommandations que je propose ; je me suis appuyée sur les recommandations ou obligations faites aux assistantes maternelles et personnels de la Petite Enfance en France.

AVANT TOUTE CHOSE, je rappelle que la vaccination a 2 objectifs (et non pas un seulement se protéger d’une maladie grave comme on le croit souvent à tort) :
1. Se protéger d’une maladie pour laquelle il n’existe pas de traitement alors que la maladie elle-même, ou bien ses complications sont particulièrement graves, voire mortelles dans certains cas
2. Protéger son entourage car, en étant vacciné, on bloque la dissémination du virus : il « butte » sur nos anticorps et sa folle course de proche en proche est stoppée. Plus il y a de personnes vaccinées dans une population, plus le virus va avoir du mal à se propager jusqu’à disparaître totalement; c’est ce qui est arrivé avec la variole qui a disparu de la surface de la terre ce qui a permis par la suite de supprimer le vaccin.

Vacciner sa helper répond donc à ces 2 objectifs :
1. La protéger
2. Protéger vos enfants

 

LES VACCINS à faire SANS HESITER:
Anti-Diphtérie – Tétanos – Polio – Coqueluche
o Si jamais vaccinée ou vaccination inconnue : 1 dose DTcaP à M1(*), puis DTP (sans la coqueluche) à M2 et M8 et rappel DTcaP 25 ans plus tard [par exemple janvier, février et août];
o Si vaccinée plusieurs fois entre la naissance et 1 an, 1 dose DTcaP à M1, puis DTP à M2 et rappel DTcaP 25 ans plus tard ;(*)M = « mois »
• Anti-Hépatite B :
o contrôle sérologique des anticorps ET de l’antigène Ag HbS ;
o Si Anticorps et antigène négatifs : 3 injections à M1 M3 et M8 ou 2 injections à 6 mois d’intervalle selon le vaccin choisi (à décider sur avis du médecin) ;
o Si anticorps positifs et antigène négatifs : la vaccination sera décidée selon la quantité d’anticorps retrouvée ;
o Si anticorps négatif et antigène positif : prendre un avis médical sans attendre;
Anti-Varicelle :
o après sérologie (recherche des anticorps par prise de sang)
o Si la sérologie est négative : 2 doses espacées de 4 à 6 Semaines ou 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé ;
o Grossesse interdite dans le mois qui suit la vaccination (faire la vaccination quelques jours après l’examen médical du MOM)
o Laisser 1 mois d’intervalle avec l’injection du vaccin ROR s’il est fait aussi ;
Anti-Rougeole – Rubéole (sous forme ROR):
o Il est peu probable qu’elle ait reçu 2 doses dans l’enfance (la 2ème dose après l’âge de 12 mois est payante et c’est très cher);
o 1 injection unique de ROR sans sérologie préalable
o Pas de grossesse dans le mois qui suit
o Laisser un intervalle de 1 mois avec l’injection du vaccin anti-varicelle
Les VACCINS qu’on PEUT AUSSI ENVISAGER:
• Anti-Hépatite A :
o Avec ou sans sérologie (prise de sang)
o 1 injection unique – Rappel 6 à 12 Mois plus tard mais possible jusqu’à 5 ans plus tard

 

Les VACCINS « POURQUOI PAS » mais franchement pas archi nécessaires :
Anti-Grippe (si on était en Europe, à faire sans hésiter mais ici où elle sévit peut, on peut s’en passer)
Anti-Fièvre typhoïde (pourquoi pas si votre helper est amenée à séjourner en zone rurale en Inde)
Anti-Pneumocoque (Si votre helper est asthmatique mal contrôlée ou bien si vous avez un enfant en état de déficit immunitaire et qu’il faut protéger – 1 dose de vaccin 23-valent)
Anti-Méningocoque (Maladie peu présente à Singapour – 1 dose de vaccin anti-méningo C)

Je rappelle qu’il n’existe AUCUN vaccin contre le paludisme (malaria), la dengue et le chikungunya. Seule la lutte contre les piqures de moustiques est efficace. Les helpers n’ont AUCUNE protection naturelle contre ces maladies et sont toutes aussi exposées et vulnérables que vous et moi.

Quelles VACCINS A-T-ELLE PU RECEVOIR dans son ENFANCE?
Aux Philippines il existe un programme national de vaccination de tous les enfants âgés de moins de 1 an ; toute Philippine devrait donc avoir reçu au moins :
• 1 dose BCG (tuberculose)
• 3 doses Hépatite B + Diphtérie + Tétanos + Polio + Haemophilus + Coqueluche + Pneumocoque
• 1 dose de ROR à l’âge de 12 mois (grand risque qu’elle n’ait pas été faite ; de plus, il faut 2 doses pour être bien protégé)
• 1 vaccination anti –rotavirus (virus des gastro entérites)
Au-delà de l’âge de 12 mois, il y a peu de chance qu’elle ait été revaccinée.

 

Je ne dispose pas de l’information pour l’Indonésie, la Birmanie ou l’Inde. Si vous disposez d’un document officiel en anglais pour ces pays, je suis preneuse!

Les noms des vaccins utilisés chez l’adulte :

Anti-Diphtérie-Tétanos-Polio-Coqueluche (DTcaP):
• REPEVAX
• BOOSTRIX-TETRA

Anti-Hépatite B :
• ENGERIX B20
• HBVaxPRO 10
• GENHEVAC B PASTEUR

Anti-Varicelle :
• VARILRIX
• VARIVAX

Anti-Rougeole et Rubéole (obligatoirement associé aux oreillons):
• MMR VAX PRO
• PRIORIX

Anti-Hépatite A :
• AVAXIM 160
• HAVRIX 1440

Anti-Fièvre typhoïde :
• TYPHIM Vi
• TYPHERIX

Anti-PNEUMOCOQUE
• PNEUMO 23

 

Ressources :
Calendrier vaccinal Philippin : lien ici

Recommandations OMS pour la vaccination des personnels de santé: lien ici

Calendrier vaccinal français (INPES): lien ici

Recommandations OMS pour les rattrapages de vaccination : lien ici

Calendrier vaccinal recommandé par l’OMS pour les enfants : lien ici

ASSIETTES d’ASIE

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Voici un post entièrement dédié aux valeurs nutritionnelles d’aliments courants sur les marchés de Singapour.

J’enrichirai ce post au fur et à mesure de mes recherches. Je ne publie que ce qui est de source sûre (qui sera toujours citée).

Avertissement: je sais que l’énergie se mesure aujourd’hui en Joules et non plus en calories. Mais en pratique, les calories nous parlent encore mieux que les Joules pour le moment, donc je reste aux vieux standards! Pardon aux nutritionnistes!

EAU de COCO (c’est l’eau qui se trouve dans la noix de coco. Elle est stérile avant ouverture de la noix de coco; après ouverture, tout dépend de la propreté de la lame qui l’aura ouverte…). Données pour 100g:

  • kCal: 19,8 (très peu calorique)
  • eau: 95%
  • Glucides (variable) : environ 3,9 g
  • Lipides (quasiment pas): 0,2 g
  • Protéines: 0
  • Sodium: 65 mg (soit 1,6 g de sel par litre d’eau de coco; intéressant pour les sportifs et en cas de risque de déshydratation notamment chez un bébé ou jeune enfant)
  • Potassium: 198 mg
  • Magnésium: 26,5 mg (Plus que la Vittel Hépar! L’aliment qui apporte le plus de magnésium par portion sans faire exploser les calories est le tofu…bon à savoir pour les constipés!)
  • Calcium: 22 mg
  • Vitamine C: 2.2 (autant que 100g de poulet ou 100g de lait 2ème âge reconstitué)

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

 

LAIT de COCO (soit en boîte, soit fait maison à partir de chair de coco fraîchement râpée et mise à infuser dans de l’eau chaude puis pressée et filtrée). Données pour 100g:

  • Kilocalories: 192 (on n’est pas loin de la bombe…)
  • Eau : 73%
  • Protéines: 2.02 g (ce qui est très peu)
  • Glucides: 6.33 g
  • Lipides: 17.6 g (dont 15,6 g d’acides gras saturés, les plus mauvais pour la santé…)
  • Cholestérol: 0
  • Sodium: 7.7 mg
  • Magnésium: 46 mg
  • Phosphore: 96 mg
  • Potassium : 220 mg (autant que 100g de pain de mie complet ou de salade romaine et 2 fois moins que 100g de banane)
  • Calcium: 18 mg (ce qui est très peu)
  • Vitamine C: 1 mg

La très faible teneur en protéines et en calcium font que ce lait de coco n’a rien du tout d’un lait: il en a seulement la couleur! A consommer avec modération en raison de ses calories et de ses corps gras.

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

Patate douce cuite à chair orange (valeurs pour 100g de patate douce)

  • Calories: 79 kcal /100g
  • Eau: 78%
  • Protéines: 1.7g
  • Glucides: 16.3 g
  • Lipides: 0
  • Potassium: 352 mg (autant que 100g de banane fraîche, saumon cru ou de jambon cuit et moitié moins que 100g de purée de tomates ou de chocolat noir à 70%)
  • Béta carotène: 10500 microgrammes (aliment le plus riche en bétacarotène qui soit! Plus riche encore que la carotte crue qui en contient 7200 et que la carotte cuite qui en contient 3300)
  • Vitamine C: 16.2 mg (8 fois plus que la carotte!)

Après avoir découvert tous ces chiffres, vous aurez compris que la patate douce est une pépite alimentaire, mélange de pomme de terre et de carotte mais en encore mieux que les 2 réunies!

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

 Sauce soja – normale, ni light, ni dark (valeurs données pour 100g; j’ai ajouté entre parenthèses les valeurs pour 1 cuillère à soupe notée càS, soit 10g environ, quantité plus proche de ce qu’on peut en consommer)

  • Calories: 44 kCal/ 100g [4,4 kCal/ càS]
  • Eau: 71%
  • Protéines: 4.75 mg [0.475 mg]
  • Glucides 6.3 mg [0.63 mg] sous forme de sucres  et d’amidon
  • Lipides: 0
  • Sodium: 6260 mg/ 100g [626 mg /càS] – Cela en fait une bombe à sel! 6260 mg correspondent à 15g de sel environ soit 3 cuillères à café. Pour simplifier, on peut dire qu’1 cuillère à soupe de sauce soja = 1.5g de sel = 1/3 de cuillère à café de sel.
  • Autres minéraux: en quantités à la fois inégales selon les marques et négligeables.
  • Vitamines: même remarque, quantités variables et négligeables.

Donc, en résumé, la sauce soja ne contient que de l’eau et du sel, tout le reste étant quantité négligeable. Peut remplacer le sel en tenant compte de l’équivalence:

1 càS sauce soja = 1/3 càc sel

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

MANGUE FRAÎCHE (les données citées ici sont de source française, donc sans doute pour une variété couramment importée en France comme la grosse un peu ronde rouge et verte)

  • Calories: 63,5 kCal/ 100g
  • Eau: 83%
  • Protéines: 0,7 g/100g
  • Glucides: 13,6 g/100g (essentiellement des sucres 13,1g, un poil d’amidon 0,3g et quelques fibres 1,76g)
  • Lipides: 0,2 g/100g (donc rien!)
  • Riche en potassium: 180 mg/100g
  • Riche en béta-carotène: 1220 microg/100g
  • Riche* en Vitamine E: environ 1 mg/100 mg (soit 30% des besoins quotidiens dès qu’on mange 100g de mangue!)
  • Riche en vitamine C: 37 mg/100g (soit 30% des besoins quotidiens recommandés)
  • Peut être riche en vitamine B9: 30 à 130 microg/100g (VArie selon les mangues; c’est intéressant pour une femme enceinte qui a besoin de 400 microg par jour de vitamine B9)

*les huiles et le jaune d’oeuf sont plus riches en vitamine E que la mangue, sauf…qu’on ne consomme pas 100g d’huile par jour, ni 100g de jaune d’oeuf!

[D’autres aliments et produits locaux suivront dans les prochains jours ou semaines]

Dr Anne Genetet – MAJ Janvier 2016

MAUX d’EXCUSE

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Il est 7h00 du matin. Marie a 38°C. Kevin a mal au ventre. Jean a un aphte dans la bouche. Lou a un œil rouge. A Singapour, à Paris ou n’importe où dans le monde, quel parent n’a pas un jour connu l’une de ces situations assortie bien souvent d’une touche d’angoisse, d’un brin de contrariété et surtout d’une sempiternelle question : école ou pas école ? A Singapour, la réponse est plutôt facile à trouver : suivez le guide !

Et oui ! Ici, tout est écrit ! Dans un guide qui fait autorité (Réf 1 lien ici),  le Ministère de la Santé singapourien a dressé très précisément la liste des signes et symptômes qui interdisent d’aller à l’école, à la crèche ou à la garderie. En premier lieu, la fièvre : au dessus de 38,9°C (rectale), un enfant doit rester à la maison même s’il n’a aucun autre symptôme.  Attention, le seuil est plus bas avec d’autres thermomètres : 38,3°C (buccale) ou 37,8°C (sous le bras). Il est beaucoup plus bas chez le nourrisson de moins de 4 mois: 38,3°C (rectale). En second lieu, les symptômes courants mais «peut-être annonciateurs d’une maladie potentiellement sévère» (sic!). Les voici:

  • Fièvre accompagnée de douleur de gorge, douleur d’oreille, diarrhée, vomissement, éruption, irritabilité ou confusion
  • Écoulement blanchâtre ou jaunâtre d’un œil (un seul) avec ou sans œil rouge (les 2 yeux rouges n’est pas un facteur d’exclusion sauf en cas de sécrétion jaune dans les 2 yeux);
  • Diarrhée incontrôlée
  • Plus de 2 épisodes de vomissements en 24h
  • Mal de tête ou nuque raide
  • Difficulté à avaler ou bien douleur de gorge avec des ganglions palpables sous la mâchoire
  • Perte d’apétit
  • Perte inhabituelle d’entrain (que les médecins francophones nomment « léthargie »)
  • Toux sévère et incontrôlée
  • Difficulté à respirer ou sifflement
  • Pleurs incontrôlés
  • Aphtes buccaux

Pour tous ces signes, l’institution d’accueil de l’enfant peut exiger un certificat médical de non-contagion avant d’autoriser l’enfant à ré-intégrer la structure (le certificat étant obligatoire pour les aphtes buccaux qui sont fortement évocateurs de syndrome pieds-mains-bouche dit HFMD ici)

Le syndrome pied-main-bouche (HFMD en anglais; description complète ici)

Maladie virale en général peu sévère mais très contagieuse, qui survient par épidémies annuelles et se présente sous forme d’aphtes dans la bouche et de boutons sur la paume des mains et la plante des pieds, le tout accompagné de fièvre. Un enfant infecté peut retourner à l’école dès que les boutons sont secs. En période épidémique, un enfant qui présente un seul aphte dans la bouche, même sans fièvre, ne doit pas aller à l’école. (Lien ici pour la surveillance du HFMD à Singapour)

L’inventaire se termine par la liste des maladies à éviction scolaire (ou garderie)  obligatoire telles l’impétigo, l’angine à streptocoques, une poussée d’herpès buccal (pas labial), le zona, les maladies infantiles à boutons, la coqueluche, l’hépatite A, la tuberculose. A chaque fois que l’un de ces cas se présente, le retour à l’école ne pourra se faire que sur présentation d’un certificat médical.

Pour info, voici quelques exemples de durée d’éviction inscrites dans le Guide 2012 pour le contrôle des maladies infectieuses (lien ici):

  • Fièvre: retour possible après 24h sans fièvre
  • Conjonctivite: jusqu’à guérison complète (disparition total de l’écoulement oculaire)
  • Diarrhée: jusqu’à guérison complète
  • Varicelle: jusqu’à ce que tous les boutons, sans exception, aient une croûte
  • HFMD: jusqu’à la disparition de la fièvre ET assèchement de tous les boutons
  • Angine (à streptocoques): jusqu’à 24h après le début du traitement antibiotique
  • Poux de cheveux: jusqu’à réalisation d’un traitement complet lenticide
  • Impetigo (infection très contagieuse de la peau): jusqu’à 24h après le début du traitement antibiotique
  • à noter: la séropositivité pour le VIH et le sida maladie ne donnent pas lieu à exclusion

Ces recommandations sont valables pour  toutes les structures d’accueil des enfants de moins de 7 ans, qu’elles soient singapouriennes ou internationales, publiques ou privées.  Elles sont complétées d’une loi (Réf 2; lien ici) qui impose à tout enfant, quelle que soit sa nationalité d’être vacciné contre la diphtérie et la rougeole, les deux seuls vaccins obligatoires à Singapour, les autres n’étant que recommandés selon un calendrier vaccinal (Réf 3; lien ici) assez proche du calendrier français, ce dernier présentant cependant l’avantage d’avoir moins d’injections pour une protection équivalente  (lien ici pour le texte complet: voir page 28 uniquement pour les enfants et ados;

Et pour avoir les principales maladies en images (Attention âmes sensibles, s’abstenir!), le lien du MOH singapourien est ici.

 Dr Anne Genetet – 19 Mars 2014

Bibliographie

(1)    Infection control guidelines for schools and child care centres / Kindergartens / preschool centres / student care centres. Ministry of Health. 2012.

(2)    Infectious Disease Act

(3)    Singapore Health Promotion Board. Immunisation Chart. Dec 2011.