VOUS SONGEZ à PLONGER?

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[Plongeurs chevronnés, ce post n’est pas pour vous…vous savez déjà tout bien sûr !]

Vous avez fait quelques plages du coin…vous vous êtes mis au snorkeling (masque et tuba) et maintenant le Padi vous démange ? Avec les nombreux spots de plongée magnifiques qu’abrite l’Asie du sud-est, ce n’est pas surprenant !

Alors voici quelques recommandations de la société française de médecine des voyages. Je parle ici d’adultes (donc plus de 15 ans et 4 mois selon la loi française ! ). Pour les enfants, je vous laisse voir avec votre médecin préféré !

Qui peut plonger ?
Tout le monde sous réserve d’être en forme, ça tombe sous le sens ! Il y a tout de même des contre-indications qui sont soit temporaires (phlébite, problème de tympan, grossesse, prise de certains médicaments, tout ça à discuter avec votre médecin traitant) soit définitives (asthme, épilepsie, certains problèmes cardiaques et drépanocytose). Mais on peut n’avoir aucune contre-indication et pourtant avoir des facteurs de risque d’accident : hypertension artérielle, tabac, surpoids et …déshydratation très fréquente et souvent insoupçonnée sous nos latitudes bien chaudes (la déshydratation, ce n’est pas toujours la soif, voir mon post à ce sujet).

Où plonger ?
Je l’ai dit en intro, les spots sont nombreux mais…tous ne sont pas équipés pour traiter les accidents. Les 2 équipements indispensables sont : de l’oxygène en bouteille (en général, il y en a ! Vérifiez-le en demandant si le centre possède un « Emergency Oxygen Kit ») mais surtout il faut à proximité un caisson hyperbare (hyperbaric rescue chamber ou decompression chamber) ; il est la clé du traitement de l’accident de plongée. Le temps de transport jusqu’au caisson conditionne la réussite du sauvetage.

Spots avec caisson hyperbare ?
(Tout change très vite en Asie ! Alors vérifiez ces informations avant de partir !)

  • En Indonésie, à Bali (Sanglah hospital 62-361-227911 through -15 ext. 232), à Lombok (+62 (0)370 6162145, +62 (0)370 6600333) à Surabaya (Military Marine hospital), à Manado au Sulawesi (Malalayang Hospital, Tél: 0811430913), à Makassar toujours au Sulawesi (Rumah Sakit Umum Wahidin Sudirohusodo. Contacter: Pak Daniel Address: Jl. Perintis Kemerdekaan Km. 11, Tamalanrea Kampus UNHAS Indonesia TEL: + 62 – 0411 (584677) et à Jakarta (Navy Hospital).
  • En Thailande à Krabi, Phukett, Koh Tao et Bangkok.
  • Aux Philippines à Quezon city (AFP Medical Center), Cebu city (Viscom hospital) et 4 bateaux de sauvetage sont équipés de caissons (numéro d’urgences 24/7 aux Philippines : +63 26321077). Tous les détails Philippine rescue centers.

Quelques précautions simples

Les plongeurs expérimentés le savent, se connaissent et maîtrisent parfaitement leurs limites. Mais si vous vous lancez, sachez que rhume ou sinusite ne font pas bon ménage du tout avec la plongée ! Un autre piège : la fatigue avec la tentation de surestimer ses capacités « je veux rentabiliser mon séjour, alors j’en profite au maximum, tout de suite, tous les jours et jusqu’au bout ! ». Alors pas à la sortie de l’avion ou avec un décalage horaire, pas plus de 2 plongées par jour et pas d’exercice physique après la plongée. Et un sacré danger à retardement : l’avion et sa pressurisation. Très mauvais le lendemain d’une plongée ! Donc on ne plonge pas la veille du départ…

Une bonne assurance avec un bon assisteur !

Une bonne assurance* ne suffit pas ! Encore faut-il que son assisteur (celui qui évalue puis transporte le blessé) soit équipé. Regardez votre contrat et appelez-le pour vérifier (en anglais : portable hyperbaric rescue unit).
(*) l’assureur couvre vos frais de santé mais…pour aller à votre secours, il n’a pas les compétences ! Donc il s’allie avec un « assisteur » qui possède des plateformes médicales de gestion, traitement, transport et rapatriement des urgences. C’est une partie essentielle de votre contrat qu’on oublie souvent de vérifier.

Et pour apprendre les bons réflexes en cas de suspicion d’accident de plongée, lire ce très intéressant lien : rescue procedures for scuba diving

Bonnes plongées !

Sources: JIM Journal International de Médecine et Société française de médecine des voyages

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QUELLES VACCINS pour une HELPER?

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213000 helpers à Singapour, ces jeunes femmes originaires de régions très pauvres des Philipppines, d’Indonésie, de Birmanie, d’Inde, du Sri Lanka et de 9 autres pays d’Asie du sud est. Elles résident obligatoirement chez leur employeur, 7 jours sur 7, 24h sur 24 et y sont au contact de leurs enfants dont elles ont la charge. A ce titre, on peut donc considérer qu’elles exercent un métier « de la petite enfance », terme utilisé en France pour désigner toute personne qui travaille en contact direct avec des enfants de 0 à 3 ans: infirmière en pédiatrie, personnel de crèche, assistante maternelle à domicile, etc.

Ces personnels sont en France soumis à une obligation vaccinale ainsi qu’à des contrôles médicaux et l’OMS a également émis des recommandations vaccinales spécifiques pour les professionnels de santé auxquels ils sont assimilés.

Et pourtant, à Singapour, ni le MOM, ni le ministère de la santé, ni l’équivalent d’une autorité sanitaire n’ont émis de recommandations en ce qui concerne la vaccination des helpers.

Le contrôle médical imposé par le MOM tous les 6 mois se contente de vérifier que la helper n’est ni enceinte, ni porteuse d’une tuberculose pulmonaire (radio des poumons tous les ans), ni porteuse du virus du SIDA, ni porteuse d’une syphilis. Aucun examen clinique n’est demandé. Aucun contrôle des vaccinations non plus. Il ne s’agit en aucun cas d’une visite médicale du travail non plus.

Alors? On fait quoi? Une Maman qui découvrait cette situation m’a dit, horrifiée « mais on a chez nous des bombes à retardement »! Ce n’est pas entièrement faux dans certains cas, je pense notamment à l’hépatite B qui est très présente en Asie du sud-est et n’épargne aucune communauté, pas même celle des helpers bien sûr.

Voici donc des recommandations que je propose ; je me suis appuyée sur les recommandations ou obligations faites aux assistantes maternelles et personnels de la Petite Enfance en France.

AVANT TOUTE CHOSE, je rappelle que la vaccination a 2 objectifs (et non pas un seulement se protéger d’une maladie grave comme on le croit souvent à tort) :
1. Se protéger d’une maladie pour laquelle il n’existe pas de traitement alors que la maladie elle-même, ou bien ses complications sont particulièrement graves, voire mortelles dans certains cas
2. Protéger son entourage car, en étant vacciné, on bloque la dissémination du virus : il « butte » sur nos anticorps et sa folle course de proche en proche est stoppée. Plus il y a de personnes vaccinées dans une population, plus le virus va avoir du mal à se propager jusqu’à disparaître totalement; c’est ce qui est arrivé avec la variole qui a disparu de la surface de la terre ce qui a permis par la suite de supprimer le vaccin.

Vacciner sa helper répond donc à ces 2 objectifs :
1. La protéger
2. Protéger vos enfants

 

LES VACCINS à faire SANS HESITER:
Anti-Diphtérie – Tétanos – Polio – Coqueluche
o Si jamais vaccinée ou vaccination inconnue : 1 dose DTcaP à M1(*), puis DTP (sans la coqueluche) à M2 et M8 et rappel DTcaP 25 ans plus tard [par exemple janvier, février et août];
o Si vaccinée plusieurs fois entre la naissance et 1 an, 1 dose DTcaP à M1, puis DTP à M2 et rappel DTcaP 25 ans plus tard ;(*)M = « mois »
• Anti-Hépatite B :
o contrôle sérologique des anticorps ET de l’antigène Ag HbS ;
o Si Anticorps et antigène négatifs : 3 injections à M1 M3 et M8 ou 2 injections à 6 mois d’intervalle selon le vaccin choisi (à décider sur avis du médecin) ;
o Si anticorps positifs et antigène négatifs : la vaccination sera décidée selon la quantité d’anticorps retrouvée ;
o Si anticorps négatif et antigène positif : prendre un avis médical sans attendre;
Anti-Varicelle :
o après sérologie (recherche des anticorps par prise de sang)
o Si la sérologie est négative : 2 doses espacées de 4 à 6 Semaines ou 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé ;
o Grossesse interdite dans le mois qui suit la vaccination (faire la vaccination quelques jours après l’examen médical du MOM)
o Laisser 1 mois d’intervalle avec l’injection du vaccin ROR s’il est fait aussi ;
Anti-Rougeole – Rubéole (sous forme ROR):
o Il est peu probable qu’elle ait reçu 2 doses dans l’enfance (la 2ème dose après l’âge de 12 mois est payante et c’est très cher);
o 1 injection unique de ROR sans sérologie préalable
o Pas de grossesse dans le mois qui suit
o Laisser un intervalle de 1 mois avec l’injection du vaccin anti-varicelle
Les VACCINS qu’on PEUT AUSSI ENVISAGER:
• Anti-Hépatite A :
o Avec ou sans sérologie (prise de sang)
o 1 injection unique – Rappel 6 à 12 Mois plus tard mais possible jusqu’à 5 ans plus tard

 

Les VACCINS « POURQUOI PAS » mais franchement pas archi nécessaires :
Anti-Grippe (si on était en Europe, à faire sans hésiter mais ici où elle sévit peut, on peut s’en passer)
Anti-Fièvre typhoïde (pourquoi pas si votre helper est amenée à séjourner en zone rurale en Inde)
Anti-Pneumocoque (Si votre helper est asthmatique mal contrôlée ou bien si vous avez un enfant en état de déficit immunitaire et qu’il faut protéger – 1 dose de vaccin 23-valent)
Anti-Méningocoque (Maladie peu présente à Singapour – 1 dose de vaccin anti-méningo C)

Je rappelle qu’il n’existe AUCUN vaccin contre le paludisme (malaria), la dengue et le chikungunya. Seule la lutte contre les piqures de moustiques est efficace. Les helpers n’ont AUCUNE protection naturelle contre ces maladies et sont toutes aussi exposées et vulnérables que vous et moi.

Quelles VACCINS A-T-ELLE PU RECEVOIR dans son ENFANCE?
Aux Philippines il existe un programme national de vaccination de tous les enfants âgés de moins de 1 an ; toute Philippine devrait donc avoir reçu au moins :
• 1 dose BCG (tuberculose)
• 3 doses Hépatite B + Diphtérie + Tétanos + Polio + Haemophilus + Coqueluche + Pneumocoque
• 1 dose de ROR à l’âge de 12 mois (grand risque qu’elle n’ait pas été faite ; de plus, il faut 2 doses pour être bien protégé)
• 1 vaccination anti –rotavirus (virus des gastro entérites)
Au-delà de l’âge de 12 mois, il y a peu de chance qu’elle ait été revaccinée.

 

Je ne dispose pas de l’information pour l’Indonésie, la Birmanie ou l’Inde. Si vous disposez d’un document officiel en anglais pour ces pays, je suis preneuse!

Les noms des vaccins utilisés chez l’adulte :

Anti-Diphtérie-Tétanos-Polio-Coqueluche (DTcaP):
• REPEVAX
• BOOSTRIX-TETRA

Anti-Hépatite B :
• ENGERIX B20
• HBVaxPRO 10
• GENHEVAC B PASTEUR

Anti-Varicelle :
• VARILRIX
• VARIVAX

Anti-Rougeole et Rubéole (obligatoirement associé aux oreillons):
• MMR VAX PRO
• PRIORIX

Anti-Hépatite A :
• AVAXIM 160
• HAVRIX 1440

Anti-Fièvre typhoïde :
• TYPHIM Vi
• TYPHERIX

Anti-PNEUMOCOQUE
• PNEUMO 23

 

Ressources :
Calendrier vaccinal Philippin : lien ici

Recommandations OMS pour la vaccination des personnels de santé: lien ici

Calendrier vaccinal français (INPES): lien ici

Recommandations OMS pour les rattrapages de vaccination : lien ici

Calendrier vaccinal recommandé par l’OMS pour les enfants : lien ici

Intox au MSG

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Parmi les motifs d’inquiétude que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux à propos de l’alimentation en Asie, revient très souvent le MSG accusé de nombreux maux, craint, redouté et même honni voire haï. Pour vous aider à comprendre ce que cachent ces trois lettres (non ! ce n’est pas le Magnificent Singapore Giant qui n’existe pas encore, quoique…, ni le Madison Square Garden !), voici toutes les informations médicales validées et vérifiables sur le sujet. Comme toujours mes sources sont citées en fin de papier.

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Un peu de chimie et de physiologie d’abord

MSG signifie monosodium glutamate ou encore glutamate monosodique en français (parfois abrégé en GMS). Il s’agit d’une molécule de chimie organique (celle qui s’intéresse au monde vivant et qui contient tout plein de carbone, hydrogène, oxygène et azote) dérivée d’un acide aminé* prénommé acide glutamique ou glutamate, abrégé en « GLU » par les biochimistes. GLU est très présent dans le corps humain car il est un des messagers les plus importants entre nos cellules nerveuses (ou neurones).

Le MSG est donc un « descendant » de l’acide glutamique. Sauf que l’atome de sodium qu’il porte en plus et que son « parent » n’a pas, le rend incapable d’agir sur la transmission nerveuse. Ils ont des structures chimiques et physiques totalement différentes. Et la beauté du fonctionnement du corps humain, c’est que pour un atome de différence entre deux molécules, on n’a pas du tout le même effet ! En bref, dans notre système nerveux, le MSG ne sert à rien !

*Les acides aminés sont les briques essentielles qui composent toutes les protéines de notre corps, celles qui forment la structure de nos tissus et organes (peau, muscle, poumon, veine, etc).

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Un peu d’histoire aussi

Mais alors à quoi sert le MSG si le système nerveux n’en a pas l’utilité ? Et bien il est un étonnant révélateur de saveurs ou exhausteur de goût, exactement comme le sel de table tout simple (le NaCl) que nous ajoutons en cuisine, mais en beaucoup plus puissant. Et cette propriété est connue semble-t-il depuis… des millénaires en Asie ! A l’époque, il s’agissait d’une algue qui était ajoutée à de nombreux plats pour en rehausser la saveur ; mais en ces temps reculés et pendant tous les siècles qui ont suivi, personne ne connaissait encore le MSG. Il a fallu attendre le début du 20ème siècle pour qu’un professeur japonais l’extraie de sa soupe et identifie cette molécule comme responsable de son goût agréable. Très vite, il a trouvé comment fabriquer cette toute nouvelle molécule, a déposé un brevet et, avec ses frères, a commencé à la commercialiser pour l’industrie alimentaire où on la retrouve aujourd’hui sous des noms multiples sinon variés tel le E 621.

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En réalité, le MSG est partout !

J’en vois qui tremblent déjà en lisant cet intertitre ! Pourtant pas de quoi s’affoler : le MSG est présent à l’état naturel dans de nombreux aliments comme les tomates, les raisins, le roquefort, le parmesan, les champignons notamment. Ainsi, il est fort probable que le parmesan saupoudré sur une pizza est sans doute destiné …à rehausser le goût des tomates ! Et les sablés au parmesan? Ajoutez-leur un peu d’origan et vous allez sentir qu’il vous explose en bouche !

Et on trouve le MSG tout aussi naturellement dans de très nombreux ingrédients de fabrication de nos aliments tels la levure, les extraits de soja ou les protéines végétales hydrolysées (qui, soit dit en passant sont elles-mêmes d’excellents exhausteurs de goût !). Ainsi, rien qu’en mangeant, l’être humain que nous sommes absorbe quotidiennement environ 13g de MSG contenus naturellement dans notre alimentation et seulement 0.55g de MSG «exhausteur de goût». Vous avez bien lu : on mange chaque jour vingt fois plus de MSG naturel que de MSG ajouté ! Et le MSG est tellement présent à l’état naturel dans quantités de fruits ou légumes pour ne citer que ceux-là, qu’il est interdit d’étiqueter un produit alimentaire « sans MSG » car c’est tout simplement impossible de garantir l’absence de MSG à l’état naturel !

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Alors ajouté ou naturel, faut-il en faire un fromage?

Un fromage, ce sera difficile, mais un rehausseur de goût certainement et c’est d’ailleurs tout ce qu’on lui demande quand l’industrie agro-alimentaire en rajoute. Mais rappelez-vous aussi que les asiatiques ajoutent sans hésiter des algues…pour le MSG qu’elles contiennent. C’est le même objectif dans les deux cas !

Toute la question est de savoir si en trop grande quantité, le MSG pourrait ou non avoir des effets indésirables et éventuellement dangereux pour la santé. La première chose à avoir présente à l’esprit, c’est de bien comprendre que MSG naturel et MSG ajouté sont strictement identiques chimiquement et physiquement ; impossible de les distinguer. Et c’est pour cela qu’il est également interdit d’écrire sur un produit alimentaire «sans MGS ajouté» car il est impossible de vérifier si cette affirmation est vraie !

Dans ces conditions, pas facile d’étudier les effets du MSG. Mais cela a été fait. Et notamment, un organisme américain indépendant (la société de biologie expérimentale) a étudié le MSG et ses effets éventuels. Ils ont retenu la possibilité de symptômes légers et transitoires de type mal de tête, étourdissement, bouffée de chaleur, picotements, palpitations et sensation d’ébriété qui peuvent survenir chez quelques sujets sensibles qui consommeraient 3g ou plus de MSG sans nourriture ajoutée! Autant dire un cas improbable puisque la quantité quotidienne de MSG ajouté dans l’alimentation est estimée à 0,55g. Parallèlement les autorités américaines en 1988, puis européennes en 1991 puis à nouveau les américains en 1995 ont chacun évalué toutes les études de toxicité réalisées dans le monde et ont conclu à l’absence totale de preuve d’une quelconque toxicité ou dangerosité du MSG. Ces études leur ont permis de définir une dose quotidienne acceptable à 120 mg de MSG ajouté par kg de poids (autrement dit 0,72 g par jour pour une personne de 60 kg). Notez qu’il s’agit d’une dose « acceptable » et pas du tout d’une dose dangereuse ou d’un seuil à ne pas dépasser !

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Pas dangereux, OK mais sous surveillance peut-être ?

Devant un certain nombre d’incidents rapportés sous le nom de « syndrome du restaurant chinois » depuis les années 1970, devant la controverse qui a suivi sur le MSG, devant aussi le fait qu’il peut exister parfois des réactions d’hypersensibilité à la consommation de MSG qui surviennent 20 min après l’ingestion et disparaissent en 2h, il était légitime que les autorités sanitaires du monde entier s’emparent du sujet et statuent sur le sort à réserver au MSG.

Après avoir déterminé avec certitude sur la foi d’études de bonne qualité méthodologique* aujourd’hui disponibles, il a été demandé que l’ajout de MSG (c’est une poudre blanche qui se dissout dans les liquides contenant de l’eau) soit clairement précisé sur tout emballage. Et dans le même temps, la présence de tout autre ingrédient susceptible de contenir du MSG (levures, extraits de soja, protéines hydrolysées, etc) doit être également mentionnée. Ainsi, tout consommateur peut savoir s’il mange du MSG.

En revanche, manger « sans MSG » est chose quasi impossible à moins de supprimer de son alimentation non seulement tous les produits transformés et préparés  par l’industrie agro-alimentaire mais aussi les tomates, le raisin, les produits laitiers, les viandes, les levures, les fromages, je continue la liste? Aujourd’hui, nous disposons donc à la fois d’une information du consommateur via l’étiquetage et de réseaux de surveillance nationaux (ANSES en France, FDA aux Etats-Unis, AVA à Singapour) chargés de collecter toutes les données de tolérance (bonne ou mauvaise) d’un produit de consommation quel qu’il soit.

*comme toujours, il existe aussi des articles scientifiques à la qualité douteuse, comme par exemple cette publication japonaise, financée par le comité technique du glutamate (sic !) et qui conclut au bienfait du MSG sur des patients âgés dont l’appétit pourrait être stimulé et la digestion améliorée sous l’effet du MSG. Cette publication n’est qu’une somme d’hypothèses qui nécessiteraient pour être vérifiées une démonstration par une étude contre placebo en double-aveugle.

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D’où vient l’intox alors ?

Sans doute en partie d’une confusion entre les noms «monosodium glutamate » et « glutamate ». Il ne faut en effet surtout pas confondre le glutamate avec son dérivé, le MSG. Je vous l’expliquais au premier paragraphe, même s’ils sont parents, ils n’ont pas du tout les mêmes propriétés chimiques et biologiques. Et de nombreux articles jouent sur cette ambiguïté de nom.

Ensuite, certains font croire que le MSG naturel est différent du MSG produit industriellement et n’aurait pas les mêmes effets. C’est totalement faux tout simplement parce que ce sont deux molécules strictement identiques sur le plan chimique (pléonasme ici! Mais c’est pour mieux appuyer mon propos !). D’ailleurs la production industrielle du MSG fait appel à des ingrédients tout ce qu’il y a de plus naturels (sucres, mélasses, farines) que l’on fait tout simplement fermenter (procédé lui aussi très naturel). Nul produit chimique ajouté ici !
Et une autre source de confusion : la fameuse sauce soja si fréquente sur nos tables et dans les plats locaux ici ! Oui, elle contient très souvent du MSG dont je rappelle qu’il relève son goût mais aussi qu’il permet d’obtenir ce goût de sel mais…avec beaucoup moins de NaCl (le Na Cl, c’est notre sel de cuisine) ce qui peut être un avantage pour les personnes insuffisantes cardiaques ou rénales, ou sous traitement corticoïdes au long cours (plusieurs mois) et qui doivent impérativement réduire la teneur en sel de leur alimentation. Pour autant, la sauce soja contient de très nombreux autres ingrédients (du gluten par exemple, quoique en voilà encore un qui prend cher en ce moment et de façon sans doute exagérée !) dont chacun peut être responsable d’une réaction d’hypersensibilité, d’intolérance et pourquoi pas d’allergie véritable. Alors avant d’incriminer le MSG, il faut aussi s’intéresser à ses voisins de la liste des ingrédients !

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Finalement, je trie ou je trie pas le MSG ?

Très franchement, en dehors du cas d’hypersensibilité individuelle qui se manifeste par quelques signes d’inconfort transitoires et sans danger, comme il n’a été retrouvé à ce jour aucune toxicité du MSG du type altération du système nerveux central, du fonctionnement du cerveau, ni d’effet cancérigène, quand on sait aussi que le MSG ne traverse pas la barrière placentaire, et qu’enfin les enfants métabolisent le MSG exactement comme les adultes (vous pourrez retrouver la preuve de chacune de ces affirmations dans les ressources bibliographiques notées en bas de cette page), pourquoi vouloir faire la chasse à une molécule somme toute bien ordinaire et à côté de laquelle le sucre, le cholestérol ou le sel sont de redoutables prédateurs incontestables!

D’ailleurs est-ce bien raisonnable de se priver de sauce soja en la remplaçant par le cousin américain du kecap manis* tout en sirotant un coca ?

Allez, bon appétit ! Avec ou sans sauce soja ! (Remplacez-la par du miso japonais… ultra riche en MSG à coup sûr ! Essayez un peu de miso dans une vinaigrette ou dans une soupe et vous noterez combien le goût est plus prononcé …sans avoir non plus le goût du miso, magique, non ?)

*Pour l’anecdote, Monsieur Heinz, qui a vraiment existé, a découvert au 19ème siècle le kecap manis lors d’un voyage en Malaisie. Séduit par ce condiment, il en a rapporté la recette aux Etats-Unis, l’a adaptée pour en faire…son fameux Ketchup ! Ah ! Si les Malais avaient déposé un brevet…En tout cas, c’est l’histoire que m’a racontée un responsable marketing Heinz en France quand je travaillais dans la publicité pour eux. Ok faut pas croire tout ce qu’on raconte mais l’histoire est jolie, non ?

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Ressources bibliographiques:

  • Résumé de toutes les études de sécurité réalisées depuis 1974 dans le monde entier publié dans le journal de la société américaine de nutrition: ici
  • Interview du Pr Fenster (département de chimie de l’université Mc Gill, Canada) : ici
  • Les infos de Santé Canada sur le MSG: ici
  • Un bon résumé ici sur le MSG où l’on apprend que la plus grosse usine de production de MSG se trouve …en France !
  • Et ce papier du Monde du 12 septembre 2014 sur la 5ème saveur, l’umami (nom japonais du MSG!): ici

Vous avez dit anti-moustique?

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Les moustiques sont plutôt des gros ennemis ici à Singapour!  Limiter le risque de piqûre de moustique peut être nécessaire et passe notamment (mais pas seulement) par l’utilisation de produits répulsifs. Voici les toutes dernières informations scientifiques sur le sujet.

[Mise à jour: une étude de 2015 a comparé plusieurs produits répulsifs à moustiques. Il en ressort que la plupart des produits DEET-free (qui ne contiennent pas de DEET) sont totalement inefficaces. Un seul a une efficacité presque comparable au DEET: il s’agit du répulsif Eucalyptus Citron de la marque CUTTER, disponible à l’achat online. Cependant, ma 1ère lecture rapide de l’étude note que les produits ont été testés sur une seule personne comparée à un témoin non traité; ça me semble bien petit comme échantillon et le tout dans des conditions de laboratoire qui n’ont rien à voir avec la réalité. Mais, je n’ai pas eu le temps d’éplucher les protocoles recommandés par l’OMS pour étudier ce type de produit et vérifier si cette étudie les respectait ]

 

Deux familles de produits très différentes !

Il existe 2 familles de produits qui sont à la fois différentes et complémentaires :
• Les répulsifs pour la peau
• Les répulsifs pour les textiles

Ils ne peuvent pas être interchangés : un répulsif pour la peau ne fonctionne pas sur les tissus et vice-versa, un répulsif pour tissu ne fonctionne pas sur la peau (et pourrait même être dangereux !).
Ils peuvent être utilisés séparément ou simultanément dans certaines circonstances peu fréquentes à Singapour qui est un milieu urbain et non pas la jungle !

Et les molécules efficaces sur la peau sont…

Elles sont peu nombreuses et parfaitement connues :

> picaridine (ou KBR 3023) à 20 ou 25%

> DEET* à 20, 25, 30, 34 et 50% (considéré comme le meilleur anti-moustique par la société américaine de pédiatrie)

> IR 35-35 à 20, 25, 30 et 35%

> On peut y ajouter certains produits contenant de l’huile d’eucalyptus mais je n’en parlerai pas car ils peuvent être dangereux quand ils sont purs et il est par ailleurs très difficile de les reconnaitre sur des listes d’ingrédients.
*(je vous passe la signification de cette abréviation, inutile car c’est toujours DEET qui est écrit sur les flacons)

A savoir : en dessous des concentrations les plus basses indiquées ici, le produit devient très insuffisamment efficace. Ainsi pour le DEET , une concentration de 15% est très insuffisante à Singapour (c’est pourtant la concentration du « OFF Active© » qu’on trouve ici)

Attention : lisez bien les étiquettes ET les ingrédients ! Les fabricants ne facilitent pas du tout votre choix car ils utilisent un même nom de gamme pour des produits qui contiennent des ingrédients différents ou qui ont des utilisations différentes. Ainsi par exemple, certains produits Insect Ecran© sont des répulsifs peau à base de DEET, d’autres sont à base de picaridine et un autre Insect Ecran© est en réalité fait pour les tissus et vêtements! C’est exactement la même chose pour la gamme OFF© distribuée à Singapour.

 

Sous quel nom les trouve-t-on ?

Il est difficile de répondre avec précision et de manière exhaustive. D’autant qu’un même nom cache souvent une gamme entière dans laquelle on trouve des produits très différents et des concentrations infiniment variables : surtout lisez bien les étiquettes et la liste des ingrédients !

A Singapour, on trouve en répulsif peau:
OFF (surtout lire les ingrédients et la concentration avant d’acheter !). Seul le DEEP WOODS contient 25% de DEET. Toutes les autres formes en contiennent moins.
Ultrathon avec du DEET à 25%

Et si vous les rapportez de France, voici leurs petits noms

(vous noterez qu’un même produit existe en plusieurs versions. Ainsi la gamme Insect Ecran est difficile à comprendre même si elle est très complète et composée de produits très efficaces. Quant à la gamme OFF, elle est particulièrement difficile à cerner, trop de produits, trop d’ingrédients différents et surtout des concentrations parfois trop faibles qui rendent certains produits insuffisamment efficaces pour une région comme Singapour)

  • à base de DEET* (minimum 20% pour être efficace, optimal 25 à 30%)
    • Ultrathon (forme lotion à 35%, forme spray à 25%, forme flacon pompe à 20%)
    • Insect Ecran Zones infestées (DEET 50%), Insect Ecran Familles (DEET 25%)
    • Moustidose
    • Moustifluid
    • Prébutix
    * Pour le DEET, il est inutile d’aller au-delà de 30% de concentration car l’efficacité n’est pas tellement plus grande; ceci est vrai aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant.
  • A base de IR 35-35 (minimum 35% pour être efficace)

Cinq sur Cinq Tropic (IR 35-35 à 35%) Cinq sur Cinq tempéré (IR 35-35 à 25%)
Moustifluid
Prébutix
Bouclier Insect

  • A base de picaridine (minimum 20 à 25% pour être efficace)
    Insect Ecran Tropique (picaridine 35%)
    Moustidose
    Centaura

 

Et les molécules efficaces sur les tissus sont…

• La perméthrine (Insect Ecran©, Cinq sur Cinq Tropic© et quelques autres aussi)
• La deltaméthrine pour les moustiquaires pré-imprégnées
• A savoir : la bifenthrine est interdite en France depuis Mai 2013 (elle était peu utilisée).

Tous doivent porter sur leur emballage la mention « pour imprégnation des tissus, vêtements et moustiquaires ». Là aussi soyez vigilants : les fabricants font des gammes dans lesquelles plusieurs produits portent le même nom tel Cinq sur Cinq Tropic© qui peut être aussi bien un spray pour vêtements qu’un spray pour la peau. Sur tous les flacons, lisez les sous-titres !!!!

 

Les produits et dispositifs PAS efficaces ?

Le ministère de la santé en France recommande fortement de ne pas utiliser :
• les bracelets anti-insectes pour se protéger des moustiques et des tiques ;
• les huiles essentielles dont la durée d’efficacité, généralement inférieure à 20 minutes, est insuffisante ;
• les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les raquettes électriques, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide

Par ailleurs, la citronnelle n’a jamais pu être validée scientifiquement. Il semble que son efficacité soit équivalente à du DEET 10% (donc très insuffisant) et ne dure pas plus de 2 heures. La citronnelle peut donc présenter un intérêt comme anti-moustique dans des régions où les moustiques ne sont pas vecteurs de maladies (région parisienne, nord de la Loire pour n’en citer que 2), mais n’a vraiment aucun intérêt ici à Singapour.

 

Comment bien utiliser un produit répulsif sur la peau?

• Appliquer le produit seulement sur la peau non recouverte: ne pas appliquer sous un vêtement;
• Ne pas appliquer sur des blessures ou sur une peau irritée ;
• Ne pas appliquer autour de la bouche et des yeux et en mettre moins autour des oreilles. Ne pas pulvériser directement sur le visage : en mettre un peu sur ses mains puis étaler sur le visage avec les doigts ;
• Ne laissez pas les enfants s’en servir seuls. Versez ou pulvérisez d’abord sur vos mains puis appliquez avec vos mains sur vos enfants. Evitez d’en mettre sur les mains d’un enfant (parce qu’il se frotte les yeux et porte les doigts à sa bouche) ;
• Respectez les quantités indiquées par le fabricant : augmenter n’améliore pas l’efficacité et diminuer pourrait diminuer l’efficacité (les fabricants n’ont aucun intérêt à forcer la main des utilisateurs pour des molécules qui sont sous haute surveillance dans le monde entier !) ;
• Une fois rentré en intérieur, lavez la peau qui a reçu le produit ; ceci est particulièrement important si le produit est utilisé quotidiennement ou plusieurs fois par jour (travailleur agricole en zone très infestée) ;

 

Et pour les enfants et les femmes enceintes?

Toutes les molécules sont autorisées à partir de l’âge de 2 mois et chez les femmes enceintes sans restriction. Les huiles essentielles pures sont interdites avant l’âge de 3 ans.

Pour les nouveau-nés avant l’âge de 2 mois, la seule protection efficace est la moustiquaire imprégnée qui se borde sous le matelas (la moustiquaire qui « pend » autour du lit ne suffit pas). Pas de promenade à l’extérieur aux heures où les moustiques sont plus nombreux : le 6 à 8 ici à Singapour, matin et soir. Et préférer les vêtements couvrants bras et jambes si vous êtes dans un quartier particulièrement infesté (suivre les alertes de la NEA à Singapour ici )

 

Anti-moustique et crème solaire

La plupart des anti-moustiques sont compatibles avec la crème solaire sans diminution de l’efficacité. Toutefois, quelques études montrent une diminution de l’efficacité de la crème solaire de 30% quand elle est utilisée sous des produits contenant du DEET. 30% de diminution signifie que la durée d’efficacité est 30% plus courte, donc qu’il faut répéter l’application de crème solaire plus souvent.

Les produits « tout-en-un » qui associent crème solaire et anti-moustique ne sont pas recommandés car le rythme d’application d’une crème solaire et d’un anti-moustique et la quantité à appliquer ne sont pas les mêmes. Il n’est donc pas possible de mettre au point un tout-en-un efficace à la fois comme crème anti-solaire et comme anti-moustique.

Il est donc recommandé d’appliquer la crème solaire en premier puis le produit anti-moustique par-dessus, en utilisant une crème solaire en couche bien épaisse (plus épaisse que ce que vous auriez fait sans anti-moustique). Un indice SFP 30 avec filtre anti-UVA suffit à Singapour. Les indices SPF 50 n’apportent rien de plus par rapport au SPF 30, sous réserve de ré-application fréquente et de limiter l’exposition solaire directe.

 

Quand utiliser un répulsif ?

  • Il n’y a pas de règle clairement établie scientifiquement. D’autant que l’on sait qu’il y a des peaux à moustiques et des peaux qui se font moins piquer voire pas du tout. Et puis le risque zéro n’existe pas : il est impossible d’empêcher tout moustique de nous piquer à moins de vivre dans une bulle hermétique qu’on n’ouvrirait jamais !
  • Par ailleurs, l’état de la personne est aussi un élément important : une personne en état d’immunodépression (en cours de chimiothérapie par exemple ou bien atteinte d’un diabète mal contrôlé) aura intérêt à prendre plus de précautions.
  • A Singapour, chez une personne en bonne santé, en dehors des alertes dengue, l’utilité d’une protection anti-moustique en journée est très limitée. Mais il est toujours prudent de se méfier des petits matins et des soirées. Ainsi, si vous êtes adepte du jogging matinal à Mac Richie, alors là, oui, alerte dengue ou pas, il est préférable de se protéger par un spray à concentration suffisante (DEET à 25% par exemple). Et l’apéro chez vos amis qui habitent en bordure du Botanic Garden ou d’un joli parc touffu dans le genre jungle, là aussi, la prudence est raisonnable.

 

Et un dernier mot concernant ces chers moustiques : ici, du fait sans doute de l’humidité de l’air, ils ne font pas « zzzzzz… » comme en France. Alors ne vous fiez pas au silence qui vous entoure à la nuit tombante !

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Où trouver des informations validées et fiables ?

  • Le ministère de la santé français a fait une synthèse exhaustive de tous les produits répertoriés.
  • Un excellent article sur les anti-moustiques écrit par le magazine français de consommateursQue Choisir: ici
  • En anglais, la référence est le centre américain CDC à Atlanta. Voici ici ce qu’ils disent des répulsifs anti-moustiques.

Que dit Singapour sur le sujet ?
Les informations sont peu nombreuses, dispersées, pas toujours faciles à trouver et encore moins à synthétiser !
• Pour les produits anti-moustiques autorisés ici : voir ce lien (23 pages totalement incompréhensibles et inutilisables!)
• Pour le paludisme (malaria en anglais) : voir ici
• Un site spécifique pour la dengue à découvrir ici.

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Ressources bibliographiques :

  • Un excellent article de l’excellente revue Prescrire (le Que Choisir des médicaments) de 2008: ici
  • Liste des produits commercialisés en France (très claire !) : ici
  • Recommandations du ministère de la santé en France : ici
  • Mise en garde du ministère de la santé en France contre le site « Vigilance moustique » : ici
  • Société américaine de pédiatrie : ici
  • Gamme Cinq sur Cinq : ici
  • Gamme Insect Ecran : ici
  • Gamme OFF: (en français) ici –  (en anglais) ici
  • Gamme Ultrathon: ici

Les CHOCS du CHAUD

Par défaut

« Quelle chaleur ! » répète-ton à l’envi à Singapour. Et c’est prouvé, les 32°C quotidiens assortis d’un taux d’humidité très élevé agressent sévèrement notre organisme ainsi que l’expliquait un post précédent « Chaud dehors, Soif dedans » sur la régulation de la température corporelle et les besoins en eau. Mais il y a pire que ce délicat équilibre température-hydratation : faute d’attention redoublée et de précautions particulières, notre corps peut devenir victime de cette chaleur moite et développer de véritables maladies. Présentées par ordre de gravité croissante, ces pathologies spécifiques de la chaleur peuvent survenir isolément ou bien se succéder dans le temps si on n’a pas mis en œuvre des moyens efficaces pour les traiter. On est ici dans de la pure médecine, ce n’est pas très fun mais il est important de les connaître pour mieux les prévenir et les reconnaître !

Une peau rouge et qui démange

  • Sous l’effet d’une redoutable combinaison « frottement + transpiration », une zone de peau se couvre de tâches rouges qui forment un petit relief au toucher (plus ou moins comme un granité ou comme une boursouflure) et la personne se gratte ou se plaint de démangeaisons intenses : cette peau rouge qui démange est appelée dermite de chaleur. Elle apparaît le plus souvent par plaques sur les parties du corps recouvertes de vêtements. Les matières synthétiques augmentent le risque contrairement aux matières naturelles (coton, lin, soie). Les enfants sont plus souvent touchés que les adultes. Chez un bébé, les zones de peau au contact des élastiques de couches et vêtements sont particulièrement exposées. Le risque d’une telle éruption si elle persiste est sa surinfection secondaire par un staphylocoque, bactérie assez agressive. Bon à savoir : un bébé qui a des démangeaisons réagit soit en gémissant ou pleurant, soit en s’agitant. Il ne va pas forcément se gratter.
  • La prévention passe par le port de vêtements amples, choisis dans des matériaux sans matière synthétique (les mélanges de type coton-polyester sont tout aussi nocifs que les purs synthétiques) qui absorbent bien la transpiration. Attention aux crèmes et poudres qui pourraient obstruer les pores (vérifier que la composition par exemple ne contient pas de dérivés de silicone souvent cités sous le nom de diméticone et autres molécules au suffixe en « cone »). L’excellente page de wikipedia ici vous expliquera tout sur les fibres textiles naturelles ou synthétiques.
  • Le meilleur traitement est …la patience tout en mettant la peau à l’air et au frais (moins d’humidité serait idéal mais à Singapour…on oublie !). Il n’y a surtout pas de crème à appliquer. Si les démangeaisons sont très intenses, le médecin peut prescrire un traitement anti-démangeaison (sur prescription médicale uniquement) mais son efficacité est loin d’être de 100% ! Enfin, l’hygiène de peau est essentielle : laver à l’eau et au savon, bien rincer et sécher par tamponnement sans frotter. Une peau bien sèche s’irritera moins facilement.

 

Pieds et mains d’éléphant (œdèmes de chaleur)

  • Sous l’effet de la chaleur, le débit sanguin s’élève et les petits vaisseaux sanguins de périphérie se dilatent. Il en résulte une fuite d’eau dans l’épaisseur de la peau faisant gonfler pieds, chevilles, parfois la jambe, les doigts, les mains et les poignets. Les médecins parlent d’œdème de chaleur. La peau reste blanche et ne rougit pas. Lorsqu’on la presse avec le bout du doigt, elle forme un creux qui met quelques fractions de seconde à s’effacer. Les sangles de sandales peuvent laisser des marques qui s’effacent lentement dès qu’on se déchausse. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres et en particulier celles qui n’ont pas l’habitude des fortes chaleurs (notamment tous ceux qui viennent d’arriver à Singapour ; il leur faudra quelques semaines pour que leur corps s’habitue), ou encore les personnes qui ont un réseau veineux abîmé (varices, insuffisance veineuse), et enfin les personnes porteuses de maladies telles hypertension artérielle ou diabète.
  • Il n’existe pas de traitement idéal une fois l’œdème installé. Aucun médicament sur prescription ou en vente libre ne peut réduire ou supprimer l’œdème. Surélever les jambes, notamment la nuit, soulage mais n’empêche pas la réapparition de l’œdème le jour suivant. La marche pratiquée quotidiennement permet de limiter le développement de l’œdème. C’est un outil de prévention à l’efficacité réelle chez certains, moindre chez d’autres. Attention, la course à pied n’est pas recommandée car la pression exercée par chaque foulée sur la plante de pied provoque un retour veineux brutal qui peut aggraver un mauvais état veineux préexistant.
  • Alors marchez! Marchez ! Et si vous vous posez la question des bas de contention, oui ça peut limiter l’œdème mais franchement, sous la chaleur singapourienne, ce n’est pas supportable ; de plus cela augmente la chaleur locale à la surface du corps ce qui ne facilite pas la régulation naturelle de la température de la peau.

 

Le coup de soleil (niveau 1 de gravité)

  • Pas besoin de le décrire…on sait tous à quoi ça ressemble : rougeurs et douleurs de la peau, parfois gonflements et boursouflures au niveau des rougeurs, vésicules. Il peut y avoir de la fièvre (modérée, 38°C) et des maux de tête. Il n’y a pas de Biafine en vente à Singapour, seul traitement efficace utilisé en milieu hospitalier. Il m’a été rapporté l’efficacité de la sève de l’aloe vera : ce traitement n’est pas validé par des études de bonne qualité méthodologique et je ne peux donc pas le cautionner. Mais je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas l’utiliser ! Chacun fait comme il le sent.

 

Crampes de chaleur (niveau 2 de gravité)

  • Ce sont des spasmes douloureux qui touchent les jambes, les bras mais aussi le ventre et qui surviennent au décours (à l’arrêt) d’une activité physique intense accompagnée d’une forte transpiration. Sur un plan physiologique, ces crampes résultent d’un déséquilibre localisé, dans le muscle et à sa proximité immédiate, en sels minéraux. Attention à ne pas confondre une crampe de chaleur abdominale du joggeur avec une gastro : ça y ressemble mais il n’y a ni diarrhée, ni nausée, ni vomissement. Pour reconnaître une crampe de chaleur : c’est un joggeur rouge tomate, ruisselant de sueur et plié en deux de douleur.
  • Pour arrêter la crampe, il faut mettre la personne au frais et lui faire boire une boisson de réhydratation de type OMS (3 cuillères à café rase de sucre + 1 cuillère à café rase de sel dans 1 litre d’eau). Si la (les) crampe(s) ne disparaît pas, il faut se rendre aux urgences pour une réhydratation par perfusion de sérum salé quelques heures.
  • La prévention des crampes de chaleur passe par une hydratation abondante (très abondante !) selon le protocole que j’avais décrit dans le post consacré à la chaleur, sans oublier qu’il faut commencer à s’hydrater 1 heure avant le début de l’effort physique.

 

Syncope de chaleur

  • Plus grave encore que les crampes de chaleur, la syncope est une perte de connaissance brutale, brève et de courte durée. Elle comporte un réel risque de chute avec traumatisme crânien. Il s’agit soit d’une personne qui se dépensait sans compter en pleine chaleur (sport, bricolage), soit d’une personne qui est restée trop longtemps debout, toujours en pleine chaleur et qui tout à coup perd connaissance. Il peut y avoir des signes annonciateurs mais ce n’est pas toujours le cas : nausées, vertiges, troubles de la vue. Si ces signes apparaissent, il ne faut surtout pas lutter et jouer au plus fort ! Il faut immédiatement s’allonger là où on se trouve : on ne perd pas de temps à aller jusqu’à une chaise ou un banc ! Le mécanisme en cause est une soudaine chute de la tension artérielle (en dessous de 80 mmHg) que seule la position allongée peut faire remonter vers des valeurs normales (au-dessus de 100 mmHg).
  • Dès que la personne est allongée, les symptômes disparaissent. Avant de remettre la personne debout, il faut lui donner à boire de l’eau et la mettre dans un environnement frais pendant au moins 30 minutes.
  • La prévention passe là aussi par une hydratation abondante (très abondante…je ne le répéterai jamais assez !). Si la position debout prolongée en pleine chaleur est impérative, de fréquentes flexions des jambes peuvent limiter les risques de syncope.

 

Epuisement dû à la chaleur (heat exhaustion an anglais) (niveau 3 de gravité)

  • Encore plus grave que les précédentes pathologies! Voilà une situation qui peut être mortelle chez des personnes fragiles. C’est encore et toujours un manque d’eau qui en est le grand responsable. Les signes annonciateurs sont variés : faiblesse musculaire jusqu’à l’épuisement (la personne ne peut plus faire un pas ni bouger par immense fatigue mais sans douleur musculaire associée), maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, rythme cardiaque rapide (au-dessus de 80 battements par minute), chute de tension (en-dessous de 80 mmHg) et respiration haletante (plus de 20 respirations par minute chez un adulte et adolescent, plus de 30 chez le jeune enfant). Cet épuisement peut s’installer sur plusieurs heures (il n’est pas nécessairement brutal comme la syncope ou la crampe) toujours après une exposition prolongée à la chaleur avec transpiration très intense. Il peut aussi s’accompagner de troubles du sommeil qui, s’ils sont associés à une très grande fatigue et surtout à une fièvre au-dessus de 38°C doivent alerter.

Attention : l’association fièvre + fatigue doit faire penser à l’épuisement à la chaleur. Ça ressemble à une infection mais ce n’est pas forcément une infection !
Le mécanisme en cause est…un manque d’hydratation avec sueur profuse qui provoque une perte excessive d’eau et de sels minéraux. Le traitement consiste à :
• Placer la personne dans une pièce climatisée à 25°C avec ventilateur ;
• Mettre la personne au repos, allongée ;
• Rafraîchir le corps avec des linges humides et sécher la peau avec le ventilateur ;
• Faire boire abondamment eau ou/et jus de fruits ;
• Fractionner les repas en petites quantités.
Et si la fièvre s’élève ou persiste au-delà de 24h, il faut emmener la personne aux urgences pour un traitement par perfusion quelques heures.

 

Le coup de chaleur (heatstroke en anglais) (niveau 4 de gravité)

  • Cette expression correspond à une entité médicale bien précise infiniment grave qui est UNE URGENCE MEDICALE ABSOLUE. Surtout ne qualifiez pas de coup de chaleur tout et n’importe quoi, vous risqueriez d’orienter le médecin sur une fausse piste !
  • Le coup de chaleur, c’est d’abord et avant tout une élévation de la température au-dessus de 40°C accompagnée d’une altération de la conscience sous forme soit de convulsions, soit de délire voire de coma. Il peut se développer de façon insidieuse chez des personnes fragiles (personnes âgées ou malades ou très jeunes enfants) mais toujours dans un environnement très chaud où la température extérieure dépasse pendant plusieurs heures de suite les 32°C (32°C, c’est la température de la surface de la peau). Des signes semblables à ceux de l’épuisement peuvent précéder le coup de chaleur (mais ce n’est pas toujours le cas) : fatigue, mal de tête, vertiges, nausées, vomissements, respiration haletante et rapide, diarrhée. Mais tout peut commencer directement par une somnolence, une confusion, ou une perte de connaissance avec fièvre qui s’élève très rapidement.
  • Le traitement est une urgence absolue, obligatoirement à l’hôpital. Sur le chemin de l’hôpital, on rafraîchira au maximum la personne : la déshabiller complètement, mouiller la peau à l’aide de linges humides, la mettre sous un ventilateur dans une pièce (ou voiture) très fraîche (prenez le temps nécessaire pour rafraîchir la voiture avant de monter dedans), application de pains de glace (séparés de le peau par un linge type serviette de toilette (on ne place jamais la glace à même la peau !), sur les aisselles, la tête, le front, les creux des cuisses.
  • En plus de ces mesures qui visent à faire baisser la température corporelle, l’hôpital mettra en route un traitement qui est essentiel pour corriger les nombreux dérèglements de plusieurs organes vitaux (rein et cœur notamment).

 

Voilà, vous savez tout sur les conséquences néfastes de la chaleur. Et si vous me demandez pourquoi certains vont cavaler comme des lapins par 32°C sans jamais être malades et pourquoi d’autres se font des crampes ou un épuisement pour tout juste 20 minutes de jogging…je n’ai pas de réponse à ça ! Chacun est différent ! Chaque organisme réagit différemment ! La meilleure défense étant l’attaque…ici l’attaque c’est à coup d’eau : toujours beaucoup, sans limite et sans modération !

Santé !

 

Dr Anne Genetet – 24 Avril 2014

 

Références :

  • Pathologies liées à la chaleur. Rev du Prat Méd Gén 2005. 19 : 696-7.
  • Le plan canicule du gouvernement français explique les mécanismes pathologiques liés à la chaleur ici.
  • En anglais le gouvernement américain explique les pathologies de la chaleur de façon très pédagogique avec des visuels sympas ici.

 

ASSIETTES d’ASIE

Par défaut

Voici un post entièrement dédié aux valeurs nutritionnelles d’aliments courants sur les marchés de Singapour.

J’enrichirai ce post au fur et à mesure de mes recherches. Je ne publie que ce qui est de source sûre (qui sera toujours citée).

Avertissement: je sais que l’énergie se mesure aujourd’hui en Joules et non plus en calories. Mais en pratique, les calories nous parlent encore mieux que les Joules pour le moment, donc je reste aux vieux standards! Pardon aux nutritionnistes!

EAU de COCO (c’est l’eau qui se trouve dans la noix de coco. Elle est stérile avant ouverture de la noix de coco; après ouverture, tout dépend de la propreté de la lame qui l’aura ouverte…). Données pour 100g:

  • kCal: 19,8 (très peu calorique)
  • eau: 95%
  • Glucides (variable) : environ 3,9 g
  • Lipides (quasiment pas): 0,2 g
  • Protéines: 0
  • Sodium: 65 mg (soit 1,6 g de sel par litre d’eau de coco; intéressant pour les sportifs et en cas de risque de déshydratation notamment chez un bébé ou jeune enfant)
  • Potassium: 198 mg
  • Magnésium: 26,5 mg (Plus que la Vittel Hépar! L’aliment qui apporte le plus de magnésium par portion sans faire exploser les calories est le tofu…bon à savoir pour les constipés!)
  • Calcium: 22 mg
  • Vitamine C: 2.2 (autant que 100g de poulet ou 100g de lait 2ème âge reconstitué)

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

 

LAIT de COCO (soit en boîte, soit fait maison à partir de chair de coco fraîchement râpée et mise à infuser dans de l’eau chaude puis pressée et filtrée). Données pour 100g:

  • Kilocalories: 192 (on n’est pas loin de la bombe…)
  • Eau : 73%
  • Protéines: 2.02 g (ce qui est très peu)
  • Glucides: 6.33 g
  • Lipides: 17.6 g (dont 15,6 g d’acides gras saturés, les plus mauvais pour la santé…)
  • Cholestérol: 0
  • Sodium: 7.7 mg
  • Magnésium: 46 mg
  • Phosphore: 96 mg
  • Potassium : 220 mg (autant que 100g de pain de mie complet ou de salade romaine et 2 fois moins que 100g de banane)
  • Calcium: 18 mg (ce qui est très peu)
  • Vitamine C: 1 mg

La très faible teneur en protéines et en calcium font que ce lait de coco n’a rien du tout d’un lait: il en a seulement la couleur! A consommer avec modération en raison de ses calories et de ses corps gras.

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

Patate douce cuite à chair orange (valeurs pour 100g de patate douce)

  • Calories: 79 kcal /100g
  • Eau: 78%
  • Protéines: 1.7g
  • Glucides: 16.3 g
  • Lipides: 0
  • Potassium: 352 mg (autant que 100g de banane fraîche, saumon cru ou de jambon cuit et moitié moins que 100g de purée de tomates ou de chocolat noir à 70%)
  • Béta carotène: 10500 microgrammes (aliment le plus riche en bétacarotène qui soit! Plus riche encore que la carotte crue qui en contient 7200 et que la carotte cuite qui en contient 3300)
  • Vitamine C: 16.2 mg (8 fois plus que la carotte!)

Après avoir découvert tous ces chiffres, vous aurez compris que la patate douce est une pépite alimentaire, mélange de pomme de terre et de carotte mais en encore mieux que les 2 réunies!

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

 Sauce soja – normale, ni light, ni dark (valeurs données pour 100g; j’ai ajouté entre parenthèses les valeurs pour 1 cuillère à soupe notée càS, soit 10g environ, quantité plus proche de ce qu’on peut en consommer)

  • Calories: 44 kCal/ 100g [4,4 kCal/ càS]
  • Eau: 71%
  • Protéines: 4.75 mg [0.475 mg]
  • Glucides 6.3 mg [0.63 mg] sous forme de sucres  et d’amidon
  • Lipides: 0
  • Sodium: 6260 mg/ 100g [626 mg /càS] – Cela en fait une bombe à sel! 6260 mg correspondent à 15g de sel environ soit 3 cuillères à café. Pour simplifier, on peut dire qu’1 cuillère à soupe de sauce soja = 1.5g de sel = 1/3 de cuillère à café de sel.
  • Autres minéraux: en quantités à la fois inégales selon les marques et négligeables.
  • Vitamines: même remarque, quantités variables et négligeables.

Donc, en résumé, la sauce soja ne contient que de l’eau et du sel, tout le reste étant quantité négligeable. Peut remplacer le sel en tenant compte de l’équivalence:

1 càS sauce soja = 1/3 càc sel

(source ANSES – Table Ciqual 2013 de composition des aliments)

MANGUE FRAÎCHE (les données citées ici sont de source française, donc sans doute pour une variété couramment importée en France comme la grosse un peu ronde rouge et verte)

  • Calories: 63,5 kCal/ 100g
  • Eau: 83%
  • Protéines: 0,7 g/100g
  • Glucides: 13,6 g/100g (essentiellement des sucres 13,1g, un poil d’amidon 0,3g et quelques fibres 1,76g)
  • Lipides: 0,2 g/100g (donc rien!)
  • Riche en potassium: 180 mg/100g
  • Riche en béta-carotène: 1220 microg/100g
  • Riche* en Vitamine E: environ 1 mg/100 mg (soit 30% des besoins quotidiens dès qu’on mange 100g de mangue!)
  • Riche en vitamine C: 37 mg/100g (soit 30% des besoins quotidiens recommandés)
  • Peut être riche en vitamine B9: 30 à 130 microg/100g (VArie selon les mangues; c’est intéressant pour une femme enceinte qui a besoin de 400 microg par jour de vitamine B9)

*les huiles et le jaune d’oeuf sont plus riches en vitamine E que la mangue, sauf…qu’on ne consomme pas 100g d’huile par jour, ni 100g de jaune d’oeuf!

[D’autres aliments et produits locaux suivront dans les prochains jours ou semaines]

Dr Anne Genetet – MAJ Janvier 2016

CHAUD DEHORS… SOIF DEDANS!

Par défaut

« 32°C, 80% humidity, possibility of rain » tel est le sempiternel bulletin météo à Singapour du 1er janvier au 31 décembre. Cette combinaison chaleur – humidité avec des valeurs élevées est très agressive pour le corps humain dont le fonctionnement est optimal quand il fait 25°C avec seulement 30% d’humidité. On en est loin ici ! Alors on s’adapte. Enfin, notre corps essaye de s’adapter et met en route plein de mécanismes prévus pour ça. Sauf que notre raison l’en entrave trop souvent. Avec des conséquences abondamment décrites dans la littérature médicale : blessures musculaires, tendineuses, ligamentaires, fatigue chronique, perte de tonus intellectuel, tout ça parce qu’on ne boit pas assez, qu’on n’écoute pas sa soif ou trop tard ou bien qu’on ne prépare pas son effort sportif, ou qu’on ne l’adapte pas assez. Voici donc toutes les infos pour comprendre comment le corps régule sa chaleur, sa quantité d’eau, notre soif et comment nous devons l’aider à affronter ces conditions bien plus violentes que notre perception. Et un petit sondage avant de commencer : observez combien de Singapouriens transportent leur petite bouteille d’eau et combien de caucasiens? Vous ne trouvez pas ça étrange cette différence?

 

Dis-moi : pourquoi 37.2°C le matin ?

Le miracle d’un thermostat interne dont la précision n’a rien à envier aux horloges suisses ! Pour comprendre comment ça marche, il faut déjà savoir que tout le fonctionnement du corps humain, manger, dormir, penser, bouger, digérer, rêver, pleurer, rire, bref… vivre, se fait au moyen d’innombrables réactions chimiques qui toutes dégagent de la chaleur. Résultat, on passe son temps à chauffer …et pourtant on reste à 37,2°C ! Comment est-ce donc possible ??? Et bien nous avons 4 systèmes de refroidissement qui fonctionnent en permanence :

  1. La conduction: c’est le frais de l’extérieur qui nous rafraîchit : l’air frais (bon, ici à Singapour pas vraiment terrible, je vais en reparler), c’est la serviette fraîche sur le front, ou les pieds nus par terre (et oui ! Très utile les pieds nus par terre, ça contribue à refroidir notre corps !)
  2. La convection : mécanisme complexe qui se fait dans l’épaisseur de notre peau et qui permet de faire monter la chaleur vers la surface de la peau et, en échange, de faire entrer du frais vers la profondeur, tout ça grâce à la circulation sanguine.
  3. La radiation : et oui ! Nous rayonnons comme le soleil ou le radiateur moyen ! Donc nous libérons nos calories et nous en faisons cadeau par exemple à un petit bout lové dans nos bras, au coussin de chaise sur lequel nous sommes assis, ou à nos draps toujours tout chauds le matin au réveil.
  4. L’évaporation : à chaque fois qu’une goutte de sueur perle à notre front, elle est chaude (contient des calories). Dès qu’elle s’évapore, elle change d’état et devient gaz. Ce changement d’état eau liquide –> eau gaz utilise pour carburant des calories. C’est un peu comme si chaque goutte de sueur qui sèche emportait avec elle de la chaleur. Ce mécanisme est un peu lent à se mettre en route (on ne transpire pas tout de suite quand on commence à s’agiter) mais une fois lancé, il est très efficace.

 

Et ces systèmes fonctionnent tout le temps ?

En principe oui ! Mais il ne faut pas non plus leur mettre trop de pression…je m’explique. La température de notre environnement est essentielle pour que ces systèmes réfrigérants fonctionnent bien. Idéalement 25 °C et 30% d’humidité. On peut varier autour de ces valeurs, mais pas trop. En dessous de 15°C de température extérieure (extérieure c’est-à-dire celle qui est au contact de la peau) le corps va cesser de transpirer. Mais heureusement, on se trouve rarement peau nue par 15°C ! On porte des vêtements qui forment une couche isolante dont la température idéale est de …25°C. En général, on n’a pas besoin d’y penser, ça se fait tout seul !

Et au-dessus de 32°C, alors là, c’est compliqué, très compliqué pour le corps de s’adapter. Car 32°C, c’est normalement la température de notre peau. Alors si la météo fait monter la température extérieure au-dessus de 32°C, notre peau n’est plus refroidie et nos réfrigérants internes sont perdus !
En effet, les trois premiers systèmes de refroidissement que j’ai décrits (conduction, convection et radiation) ont un inconvénient majeur : ils fonctionnent comme des clims réversibles ! C’est-à-dire que si la température extérieure s’élève trop et devient plus élevée que celle de la peau et bien au lieu de relâcher des calories, ils absorbent les calories du dehors : au secours ! On chauffe encore plus !

 

Et l’humidité extérieure, ça compte aussi ?

Oui, trois fois oui ! Plus l’air ambiant est sec, plus vite se fera l’évaporation de la sueur. Et plus vite notre corps sera refroidi. Et à l’inverse, si l’air ambiant est très humide, l’évaporation est très ralentie : il faudra alors beaucoup plus de travail à notre corps pour maintenir sa température à 37,2°C. Ainsi les 80% d’humidité à Singapour sont un réel problème pour le maintien de la température du corps. Avec un tel taux d’humidité, la sueur ne s’évapore pas ou peu, et on a cette pénible sensation que ma chère sœur résume joliment : « ici je n’ai pas chaud, j’ai moite » ! On reste mouillé mais on ne sèche pas! Et on chauffe! C’est pour ça que certains peuvent trouver 40°C secs à Dubai plus supportable que 34°C humides à Siem Reap ! En résumé, ici à Singapour, la transpiration n’est pas très efficace.

 

Bon, mais le corps fait comment alors pour s’adapter à ce climat de Singapour ?

On a compris qu’ici, par 32°C et 80% d’humidité, notre température interne a fortement tendance à s’élever si on n’y prend garde. Prenez votre température après 30 minutes de jogging…38°C ne serait pas impossible ! Vérifiez ! Heureusement, notre machine sait s’adapter : les vaisseaux vont se dilater (et oui, les jambes comme des poteaux pour certaines…), le rythme cardiaque s’accélérer, tout ça pour une bonne cause : apporter plus d’eau et de calories vers la peau et augmenter la quantité de sueur qui elle-même va emporter des calories: vous l’avez sûrement constaté, ici on transpire beaucoup et plutôt à grosses gouttes et pendant longtemps (qui n’a pas transpiré des litres pendant au moins les 30 minutes qui suivent une séance de jogging au Mc Ritchie ?). L’adaptation à la chaleur passe donc par une transpiration intense et prolongée, particulièrement marquée quand on fait du sport. Elle a été mesurée à 1,2 L / heure en climat chaud et humide pour un joggeur à petite vitesse. Si sa masse est de 60 kg, il perd donc 2% de son poids à chaque heure de course à pied ! C’est beaucoup ! Et ça devient trop s’il ne boit pas assez pour compenser cette perte.

 

D’autres conséquences de la chaleur ?

La plus importante, connue des médecins du sport et très bien décrite dans la littérature médicale est la diminution de la sensation de soif. Et oui ! C’est un paradoxe incroyable et qu’il faut connaître : plus il fait chaud, moins on a soif ! Et c’est vrai pour tous, adultes, ados, enfants, bébés ces derniers étant particulièrement vulnérables à cette baisse de la soif. La soif se déclenche à partir d’une perte d’eau équivalente à 2% de masse corporelle (donc 1,2 kg pour une personne de 60 kg. Explications très détaillées en anglais ici ). Résultat, un manque d’eau chronique (déshydratation chronique) que le corps va exprimer ainsi: baisse des performances physiques (sportives notamment car une perte de 1% d’eau fait perdre 10% des performances ! Explications ici), fatigue, étourdissements, maux de tête, manque de tonus intellectuel, crampes (bras, jambes, ventre), entorses, blessures musculaires, insomnies ou agitation nocturne. A tous ceux qui sont arrivés ici il y a 3 mois, vous ne vous reconnaissez pas un peu dans ces symptômes ? Cet état ne peut être corrigé que par l’absorption d’un volume de boissons (eau surtout) supérieur à ce qu’il faut pour étancher la soif : il faut boire AVANT la soif et PLUS QUE la soif !

 

Et côté vitamines et sels minéraux ?

Pour les vitamines, elles ne sont pas éliminées par la sueur (enfin quasiment pas pour être rigoureusement exacte) donc la chaleur intense ne les affecte pas : inutile donc d’avaler des vitamines, il n’y a rien à compenser de ce côté-là par fortes chaleurs et transpiration !

Côté sels minéraux (principalement sodium, potassium, magnésium et chlore), la sueur en contient beaucoup…que la peau réabsorbe aussitôt. Ainsi transpirer fait perdre des sels minéraux (la sueur est salée) mais moins que d’eau et leur concentration sanguine reste plutôt stable voire s’élève. On ne manque pas de sels minéraux quand on transpire. Il n’y a que chez les sportifs de haut niveau ou bien pour un exercice physique prolongé (plus de 30 minutes tels endurance, partie de tennis, etc) que les minéraux peuvent manquer et qu’il est recommandé de consommer une eau enrichie en sodium à 1,2 g de sel par litre; la Badoit (pardon pour la marque !) est un moindre mal même si sa quantité de sel reste faible. Elle est très minéralisée (1100 mg/L) et contient 180 mg/L de sodium qui correspondent à environ 500 mg (0,5 g) de sel (composition de la Badoit ici ). A défaut, la boisson dite « OMS » pour ceux qui en apprécient le goût peu agréable (1 litre d’eau avec 1 cuillère à café rase de sel et 3 cuillères à café rases de sucre blanc*). Dans tous les autres cas, de l’eau un peu minéralisée suffit (voir le post « de l’eau de ci, de l’eau de là »).

*pour les parents qui ont suivi mes formations « Urgences santé des Bébés et Enfants », il faut rectifier le chiffre de 6 cuillères à sucre que je vous avais donné car l’OMS a modifié ses recommandations pour la composition des solutés de réhydratation.

 

Sûr que l’eau un peu minéralisée suffit ?

Si l’état de « micro déshydratation » ou « déshydratation chronique » a bien été décrit, je n’ai rien trouvé sur les micros variations en sels minéraux qui nécessairement accompagnent cet état. Et comme je tiens à ne vous livrer que de l’information scientifique validée, je m’incline devant l’état actuel de la science: de l’eau ordinaire, de l’eau et encore de l’eau. Aucune trace dans la littérature médicale de recommandations de suppléments en électrolytes (sels minéraux et oligoéléments) pour des personnes en bonne santé exposées à de fortes chaleurs. D’autant qu’en la matière, il convient d’être excessivement prudent: on n’avale pas des électrolytes sans s’être assuré que leur dosage ne représente pas un risque pour les reins et le cœur qui seraient les premiers touchés en cas d’excès de l’un d’eux.

 

Vraiment pas d’autres boissons possibles ?

Un mot tout de même du « 100 Plus « qu’on trouve ici, y compris dans les établissements scolaires. Cette boisson contient par litre 68 g de sucre et 1,2g de sel (480 mg de sodium correspondent à 1,22 g de sel ; explications du calcul de conversion sodium en sel ici ). Et bien cette boisson est beaucoup trop sucrée ( 4 fois plus de sucre que la boisson recommandée type OMS qui en contient un peu moins de 15 g) et pas assez salée (la boisson type OMS contient un peu plus de 5 g de sel par litre). Donc exit le 100 Plus. Sans hésiter. Sa teneur en sel pourrait être intéressante pour les sportifs de haut niveau mais le sucre, définitivement non !

Il existe d’autres boissons disponibles ici : lisez les étiquettes et choisissez celles dont la composition est la plus proche de la solution OMS si vous êtes grand sportif. Pour les autres, je vous renvoie à mon post sur l’eau de boisson.

 

Alors en résumé, je fais quoi à Singapour pour lutter contre la chaleur ?

  • Boire, boire et re-boire plus que la soif, avant la soif, de l’eau et encore de l’eau !
  • Une eau de préférence fraîche à 12°C – 15°C, elle sera mieux et plus vite absorbée
  • Se réserver 1 à 2 h par jour à la clim réglée à 25-26°C est un plus (pas obligatoire mais pas de doute, ça aide à refroidir le corps !)
  • Se doucher à l’eau fraîche sans se sécher
  • Préparer ses efforts sportifs, conseil valable dès l’adolescence (les quantités indiquées seront réduites pour les enfants):

> Boire 500 mL d’eau dans l’heure qui précède l’effort

> Boire environ 1L d’eau par heure d’effort (eau plate ordinaire; un peu salée type Badoit si l’effort excède 30 minutes par plus de 32°C ou excède 1 heure en dessous de 32°C)

> Continuer à boire 1,2L par heure dans les 2 heures qui suivent l’effort

> les explications de ces recos se trouvent ici

Et on garde à l’esprit que la soif n’est pas un bon indicateur de nos besoins en eau !

Et une dernière info pour les voyageurs:

En arrivant de France, il faut 8 à 12 jours au corps pour s’habituer à la très forte chaleur de Singapour. Et il lui faut 8 jours pour se déshabituer quand on retourne en pays tempéré. Et à nouveau 8 à 12 jours pour retrouver l’équilibre une fois revenu ici. L’adaptation à la chaleur n’est donc jamais acquise pour toujours, elle est un perpétuel recommencement ! Pendant cette période d’adaptation, il est recommandé de préférer une eau de type Badoit ou légèrement salée et de réserver ses efforts sportifs (si vraiment on ne peut pas attendre !) aux moments de la journée où la température est nettement en dessous de 32°C. Pour les enfants, je n’ai pas trouvé de recommandations validées. Je ne peux que donner mon avis personnel, (je le fais donc avec une très grande prudence sans aucune garantie d’avoir raison !) : pour mes enfants j’aurais privilégié une eau minéralisée et je leur aurais donné les 10 premiers jours une alimentation plutôt un peu salée, mais sans excès non plus !

 Dr Anne Genetet – 12 Avril 2014

Références bibliographiques (elles ne sont pas en accès libre sur internet mais si vous souhaitez les consulter, je peux vous transmettre les pdf)
• Hubert J, Queneau P. Indications des eaux de boisson. Rev du Prat Méd Gén 2009. 23 (823) : 399-403.
• Lavallart B et al. Prévention des risques sanitaires liés aux chaleurs extrêmes. Rev du Prat 2004. 54 : 1312-16 .
• Miller V, Bates G. Hydration, hydration, hydration. Ann Occup Hyg 2010. 54 (2) : 134-136.